Face à un bilan sanglant de près de 650 morts sur place en seulement sept mois, le gouvernement burkinabè durcit radicalement sa position sur la sécurité routière. Ce samedi 8 août 2026, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a lancé un ultime avertissement aux usagers de la route, dénonçant la persistance des comportements à risque malgré deux années de sensibilisation. Entre l’annonce de consignes de refoulement systématique pour les motocyclistes sans protection et une critique acerbe des excuses « esthétiques », le message est clair : la vie humaine prime désormais sur toute autre considération.
Le ton est monté d’un cran au ministère de la Sécurité. Dans une vidéo publiée ce samedi, le ministre Mahamadou Sana s’est adressé avec une franchise désarmante aux 10 % d’usagers de la route qui continuent de faire « la sourde oreille » face au port obligatoire du casque.
Les chiffres avancés par le ministre font froid dans le dos : de janvier à juillet 2026, 649 personnes ont perdu la vie directement sur le lieu d’un accident de la route. Un décompte qui ne prend même pas en compte les décès survenus ultérieurement dans les centres hospitaliers. Face à cette tragédie, Mahamadou Sana a usé d’une métaphore frappante pour rappeler la fragilité humaine : « Personne n’a une tête en fer ici. Ou bien, en touchant le goudron, vous avez l’impression d’avoir affaire à un matelas ? ».
Le ministre a vigoureusement balayé les prétextes souvent invoqués pour éviter le casque. Il a notamment fustigé l’attitude de certains internautes qualifiant les images de sensibilisation de « montages générés par l’Intelligence artificielle ». Plus surprenant encore, il a interpellé les femmes refusant le casque à cause de leurs mèches de cheveux. « Si vous mettez des mèches qui vous empêchent de mettre le casque, un jour vous ne serez plus là, mais la mèche sera là », a-t-il martelé, rappelant que l’esprit de « révolution » ne saurait s’accommoder de telles futilités.
L’époque de la simple pédagogie semble révolue. Si la vidéo-verbalisation et le déploiement de l’ONASER sont déjà effectifs, de nouvelles instructions ont été données à la police et à la gendarmerie. Désormais, tout motocycliste sans casque sera refoulé et contraint de rebrousser chemin. Le ministre a même prévenu que si l’incivisme persistait, les forces de l’ordre et les contrevenants finiraient par se « pourchasser comme Tom and Jerry ».
À l’approche de la rentrée scolaire de septembre, l’accent est également mis sur la protection des enfants. Le ministre a déploré l’attitude de certains parents qui portent un casque mais oublient d’en équiper leur progéniture installée à l’arrière. Prenant l’exemple de Lomé, où la discipline est de rigueur pour le conducteur comme pour le passager, il aspire à voir une transformation similaire des mentalités au Burkina Faso.
Enfin, les cyclistes, accusés de brûler régulièrement les feux tricolores, sont prévenus : leur « temps arrive » également dans cette vaste opération d’assainissement de la circulation routière.
- Par Antoine W DABILGOU ( negro1er@yahoo.fr )/Netafrique.net

Face à un bilan sanglant de près de 650 morts sur place en seulement sept mois, le gouvernement burkinabè durcit radicalement sa position sur la sécurité routière. Ce samedi 8 août 2026, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a lancé un ultime avertissement aux usagers de la route, dénonçant la persistance des comportements à risque malgré deux années de sensibilisation. Entre l’annonce de consignes de refoulement systématique pour les motocyclistes sans protection et une critique acerbe des excuses « esthétiques », le message est clair : la vie humaine prime désormais sur toute autre considération.


