Refus de présenter des excuses pour les crimes d’agression, accélération de la « remilitarisation », propos favorables à la « possession de l’arme nucléaire »… Autant d’agissements rétrogrades du gouvernement japonais qui font craindre un retour du militarisme japonais.
Dernier exemple en date : les visites de responsables de la droite japonaise au sanctuaire Yasukuni, où sont honorés des criminels de la Seconde Guerre mondiale, le 15 août dernier, jour de la capitulation du Japon. De tels actes constituent une profanation de la justice historique, un défi aux limites de la civilisation et une provocation à l’égard de l’ordre international d’après-guerre.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Japon a mené des guerres d’agression à l’étranger et commis des crimes atroces et inhumains. Après la guerre, le Tribunal de Tokyo a établi juridiquement la responsabilité du militarisme japonais dans le déclenchement de ces guerres d’agression et la commission de ces atrocités.
Cependant, notamment en raison du déclenchement de la Guerre froide, le militarisme japonais n’a pas été complètement puni. Depuis lors, les forces de droite japonaises n’ont cessé de promouvoir la réécriture des manuels d’histoire, allant jusqu’à nier ou à maquiller la nature de la guerre d’agression. Selon les médias japonais, ces mêmes forces recruteraient également des personnes afin de créer et de diffuser, à l’aide de l’intelligence artificielle, des vidéos glorifiant la guerre d’agression et exagérant les menaces provenant des pays voisins.
Dans le même temps, des responsables de la droite japonaise se rendent fréquemment au sanctuaire Yasukuni pour honorer la mémoire de criminels de guerre et nient ouvertement le « massacre de Nanjing ». Actuellement, le Musée de la bombe atomique de Nagasaki procède à une mise à jour de ses expositions et prévoit de remplacer la mention « massacre de Nanjing » par « incident de Nanjing ». Cela montre que le révisionnisme historique continue de sévir au Japon et que les forces de droite mettent encore tout en œuvre pour nier la responsabilité du pays dans la guerre et remettre en cause l’ordre international d’après-guerre.
Une série de documents revêtant une pleine portée en droit international, tels que la « Déclaration du Caire », la « Déclaration de Potsdam » et l’« Acte de capitulation du Japon », stipulent clairement que le Japon doit être entièrement désarmé et ne doit pas conserver d’industries susceptibles de lui permettre de se réarmer. L’article 9 de la Constitution japonaise en vigueur stipule que le peuple japonais « renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de l’État, ainsi qu’à la menace ou à l’emploi de la force comme moyens de règlement des différends internationaux ».
Cependant, qu’il s’agisse de l’augmentation continue des dépenses de défense, de la révision des « trois documents sur la sécurité », de la levée de l’interdiction d’exporter des armes létales ou encore de la nouvelle version du livre blanc sur la défense visant à mettre en place une capacité d’attaque multidimensionnelle, le Japon profite aujourd’hui des bouleversements mondiaux pour rompre avec le principe de « défense exclusivement défensive », se doter d’une capacité de « faire la guerre préventive » et chercher à se libérer progressivement des contraintes de l’après-guerre. De nombreux analystes y voient l’émergence d’un « nouveau militarisme » et s’inquiètent de ses graves dangers pour la paix régionale.
En tant que seul pays à avoir subi une attaque atomique, la « question nucléaire » est un sujet extrêmement sensible au sein de la société japonaise. Cependant, poussée par ses ambitions de « remilitarisation », la droite japonaise a commencé à sonder l’opinion publique et à préparer le terrain en vue de la « possession de l’arme nucléaire ».
En décembre 2025, un haut responsable de la résidence du Premier ministre japonais a soutenu publiquement qu’« il faudrait posséder des armes nucléaires ». Récemment, le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, a déclaré que « le Japon devrait débattre sans tabou des politiques relatives aux armes nucléaires ». Lors d’une récente cérémonie commémorant le 81e anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, Sanae Takaichi s’est exprimée de manière ambiguë sur la question de savoir si le Japon continuerait à respecter à l’avenir les « trois principes non nucléaires ». Cette ambiguïté a exacerbé les inquiétudes, dans tous les milieux, quant à un dangereux revirement de la politique nucléaire du gouvernement Takaichi. Selon un récent sondage de l’agence Kyodo, 76 % des personnes interrogées sont favorables au maintien des « trois principes non nucléaires », ce qui met en évidence la forte opposition de l’opinion publique à l’égard du nucléaire.
Des rapports révèlent que le Japon dispose déjà de la capacité de produire des matières nucléaires de qualité militaire ainsi que du potentiel technologique et militaire nécessaire pour lancer des armes nucléaires. D’après les déclarations de responsables japonais et les recherches d’universitaires occidentaux, le Japon serait en mesure de fabriquer une arme nucléaire en un peu plus de 100 jours, voire en quelques dizaines de jours. À l’heure actuelle, le gouvernement japonais s’efforce de réviser les « trois principes non nucléaires » et cherche à mettre en place un « partage nucléaire » afin d’introduire sur son territoire des armes nucléaires de ses alliés.
Imaginons qu’un Japon refusant de reconnaître ses crimes de guerre se dote de l’arme nucléaire : cela porterait inévitablement un coup grave au régime international de non-prolifération nucléaire et à l’ordre international d’après-guerre, tout en faisant peser un risque considérable sur la sécurité mondiale.
Il y a 31 ans, Tomiichi Murayama, alors Premier ministre japonais, a publié la « déclaration Murayama », dans laquelle il reconnaissait que le Japon avait mené par le passé une politique nationale erronée et s’était placé sur la voie de la guerre, tout en s’engageant à mener une réflexion approfondie sur l’histoire et à en tirer les leçons.
Aujourd’hui, les dirigeants japonais vont à contre-courant de cette démarche et risquent d’enliser à nouveau leur pays dans l’abîme. Face aux agissements inquiétants du « nouveau militarisme » japonais, la communauté internationale doit prendre des mesures concrètes pour les endiguer résolument, défendre fermement l’ordre international d’après-guerre et ne jamais laisser une telle tragédie historique se reproduire !




