La Commission d’application des peines du Tribunal de grande instance de Banfora a effectué, le jeudi 13 août 2026, une visite des sites agricoles exploités par les pensionnaires de la Maison d’arrêt et de correction de Banfora. Les cultures présentent un état jugé satisfaisant, malgré des difficultés liées notamment au transport des détenus.
Dans le cadre du suivi des activités de réinsertion sociale et de production agropastorale des personnes détenues, la Commission d’application des peines du Tribunal de grande instance (TGI) de Banfora s’est rendue, le jeudi 13 août 2026, sur plusieurs exploitations agricoles de la Maison d’arrêt et de correction de Banfora (MAC-B).
À la faveur de cette sortie de terrain, la délégation a pu constater l’état d’avancement de la campagne agricole. Et le constat est plutôt encourageant : les différentes parcelles visitées présentent une physionomie prometteuse.
Conduite par Issa Konaté, président de la Commission d’application des peines du TGI de Banfora, la délégation comprenait notamment des membres de l’administration pénitentiaire ainsi que des représentants de la Société sucrière de la Comoé (SOSUCO).
Plusieurs dizaines d’hectares exploités
La visite a concerné plusieurs sites agricoles. À Bérégadougou, la délégation a parcouru les 50 hectares de maïs et de niébé mis à la disposition de la MAC-B par la SOSUCO. Elle s’est ensuite rendue à Karfiguéla, où sont exploités 17 hectares de riz, puis à Kiribina, sur un site de 9 hectares destiné à la culture du sésame.
Au cours de ces différentes étapes, les membres de la délégation ont échangé avec les acteurs impliqués dans la mise en œuvre des activités. Les discussions ont porté notamment sur l’organisation du travail, les conditions d’exploitation des parcelles, les difficultés rencontrées ainsi que les perspectives de développement de ces activités agricoles.
Pour Issa Konaté, cette sortie constitue une occasion de constater directement les réalités auxquelles sont confrontés les différents acteurs sur le terrain et de recueillir les informations nécessaires à l’accomplissement des missions de la Commission d’application des peines.
Au-delà de la production agricole, ces activités s’inscrivent dans une logique de réinsertion sociale des personnes détenues, en leur permettant d’acquérir ou de renforcer des compétences susceptibles de leur être utiles après leur sortie de prison.
Le transport, une difficulté persistante
Si l’état des cultures est jugé satisfaisant, certaines difficultés demeurent. Parmi elles, le transport des détenus vers les différents sites d’exploitation constitue une préoccupation majeure.
Le directeur de la Maison d’arrêt et de correction de Banfora, Dialenli Yonli, explique que les communes de Banfora et de Sindou apportent actuellement leur appui à travers la mise à disposition de tricycles.
Une solution qui, selon lui, reste insuffisante au regard des exigences liées au transport des personnes détenues.
« Transporter des détenus dans ce genre de véhicules ne protège pas leur dignité. Nous demandons à l’État et aux bonnes volontés de nous aider avec des minibus comme dans d’autres prisons », a-t-il plaidé.
Pour les responsables de la MAC-B, l’amélioration des moyens de transport permettrait non seulement de faciliter l’acheminement des détenus vers les exploitations, mais également d’améliorer leurs conditions de travail et de renforcer les activités de réinsertion.
Cette visite de terrain aura en définitive permis aux différents acteurs de mieux apprécier les progrès réalisés sur les exploitations agricoles et d’identifier les difficultés qui nécessitent des réponses. Elle témoigne également de la volonté de renforcer la collaboration entre la Commission d’application des peines, l’administration pénitentiaire et les partenaires, notamment la SOSUCO, autour des activités de production et de réinsertion des personnes détenues.




