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Burkina Faso: L’Église centrale des Assemblées de Dieu menacée par une crise de leadership qui divise le Corps du Christ


Rien ne va plus au sein de l’Église des Assemblées de Dieu du Burkina Faso (AD/BF). Dans une lettre ouverte d’une rare virulence intitulée « On vous a menti et on vous terrorise », le Comité exécutif de l’Église Centrale de Ouagadougou (ECADO) brise l’omertà sur une crise profonde qui couve depuis août 2025. Le texte pointe directement la responsabilité du Président national, le Pasteur Pousga Etienne Zongo, accusé de mener une gestion « tyrannique », de multiplier les sanctions arbitraires contre des pasteurs de premier plan et de violer les textes fondamentaux de l’institution. Entre médiations internationales avortées et menaces de scission, c’est l’unité de l’une des plus grandes dénominations chrétiennes du pays qui vacille.

L’onde de choc est à la mesure de l’institution. Depuis près d’un an, un conflit interne sans précédent oppose la direction nationale des Assemblées de Dieu à plusieurs de ses églises locales emblématiques, avec en première ligne l’Église Centrale (ECADO).

Tout commence le 26 août 2025. Selon les documents émanant de l’ECADO, le Président Etienne Zongo aurait ordonné, sans consultation préalable du Bureau exécutif national (BEN), l’éviction des pasteurs principaux de plusieurs églises de Ouagadougou et de Koudougou. Des serviteurs de Dieu respectés, à l’instar des docteurs Salam Philémon Saba, Moïse Sawadogo et Jean-Baptiste Roamba, se sont vus taxés d’« indiscipline » pour avoir contesté ces méthodes. Le Dr Roamba a même été frappé d’une mesure disciplinaire de 18 mois, tandis que d’autres confrères ont écopé de sanctions allant jusqu’à 24 mois.

Ce que dénonce l’ECADO avec force, c’est l’obstruction systématique à toute issue pacifique. Malgré l’implication de l’Alliance des Assemblées de Dieu d’Afrique de l’Ouest (AADAO) et de médiateurs venus du Bénin, du Togo et de Côte d’Ivoire en février 2026, le Président Zongo est resté inflexible. Même les appels au pardon lancés par ses prédécesseurs ont été rejetés. Pour la direction centrale, cette attitude cache une volonté de « honnir l’autre » plutôt que de servir la vérité.

Le conflit a franchi une nouvelle étape sur le terrain juridique interne. L’ECADO accuse le Conseil national d’avoir autorisé, lors d’une session extraordinaire en juillet 2026, des modifications constitutionnelles jugées illégales pour renforcer les pouvoirs du président. « Aucun article de la Constitution ne permet au Conseil national d’autoriser le Président à modifier un point de la Constitution », martèlent les auteurs de la lettre, qualifiant ces actes de « grave violation ». Plus grave encore, le Président est accusé de se comporter en « seigneur » investi d’un prétendu sacerdoce royal, loin de l’image du serviteur prescrite par les Évangiles.

Face à ce qu’ils décrivent comme un climat de « terreur » et d’« ostracisation », les responsables de l’ECADO, le Diacre Mathias Niambekoudougou et le Pasteur Youssouf Ouedraogo, appellent les membres du Conseil national à sortir de leur silence. Ils comparent la situation actuelle à un troupeau de buffles restant « tétanisé » pendant qu’un lion dévore l’un des leurs.

Alors que le risque de prise de contrôle forcée des églises locales plane sur Ouagadougou, les signataires de la lettre exigent un retour à la vérité scripturaire et constitutionnelle. Le sort des Assemblées de Dieu semble désormais suspendu à la capacité de ses membres à imposer une solution de paix avant que le schisme ne soit irréversible.

Source : Lettre ouverte du Comité exécutif de l’ECADO aux membres du Conseil national de l’AD/BF.

 

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