Dans la salle de conférence du siège de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), à Ouagadougou, l’ambiance était studieuse mais déterminée, ce mercredi matin. Face à la presse, le Commissaire principal de Police Bantida Samire Yoni, commandant de la BCLCC, a dévoilé une initiative inédite : la première Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité (SNLC), prévue du 27 au 31 octobre 2025 à Azalaï Hôtel.
Placée sous le thème « Bâtir une résilience nationale face à la cybercriminalité : un impératif pour la paix, la sécurité et la souveraineté numérique du Burkina », cette semaine d’activités se veut un tournant dans la lutte contre les dérives du numérique. Elle est patronnée par le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, parrainée par le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, et co-parrainée par la ministre de la Transition digitale, Dr Aminata Zerbo.
Une menace croissante dans un monde numérique en mutation
Le commissaire Yoni a parlé avec les chiffre à l’appui : « Entre 2020 et 2024, le préjudice financier causé par les infractions commises dans le cyberespace burkinabè est estimé à plus de 6,7 milliards de francs CFA », a-t-il révélé devant un parterre de journalistes.
Une somme vertigineuse, reflet d’une cybercriminalité multiforme : cyber-escroqueries, usurpations d’identité, chantage à la vidéo, atteintes à la vie privée, fraudes liées au mobile money, discours de haine, et phishing. Autant de menaces qui sapent la confiance numérique et fragilisent les citoyens comme les institutions. « Les technologies de l’information et de la communication ont révolutionné nos vies, mais elles ont aussi ouvert la porte à de nouvelles formes de criminalité. Il est temps de bâtir une véritable résilience nationale », a insisté le commandant de la BCLCC.
Informer, sensibiliser et agir ensemble
La Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité s’annonce comme un rendez-vous inclusif, mêlant sensibilisation, formation, et engagement collectif. Pendant cinq jours, le programme alternera panels de haut niveau, caravanes de sensibilisation, sessions de formation sur la sécurité numérique et la cyber-éthique, mais aussi des moments plus conviviaux comme un tournoi de maracana destiné à renforcer la cohésion entre les acteurs du secteur. Des journées portes ouvertes permettront également au grand public de découvrir le travail de la BCLCC et de mieux comprendre les enjeux de la sécurité numérique. La semaine se clôturera en beauté avec « la grande nuit des acteurs », un moment de reconnaissance pour ceux et celles qui œuvrent, souvent dans l’ombre, à sécuriser l’espace numérique burkinabè.

Le Commissaire principal de Police et par ailleurs Commandant de la BCLCC, Bantida Samire Yoni
Au-delà de la prévention, la SNLC s’inscrit dans une démarche stratégique : restaurer la confiance dans les services numériques, favoriser la coopération entre acteurs publics et privés, stimuler la création de solutions technologiques locales et réduire les risques de blanchiment et de financement du terrorisme par le numérique.
Comme l’a rappelé le commissaire Yoni, « La lutte contre la cybercriminalité n’est pas seulement une affaire de police. Elle implique chaque citoyen, chaque institution, chaque acteur du numérique. Ensemble, nous devons faire du cyberespace burkinabè un environnement sûr et digne de confiance. »
Un signal fort du Burkina face aux défis numériques
Avec cette première édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité, le Burkina Faso envoie un signal fort : celui d’un pays déterminé à protéger sa souveraineté numérique et à préserver la paix sociale dans un contexte mondial où les menaces en ligne se multiplient.
Le rendez-vous est donc pris du 27 au 31 octobre à Azalaï Hôtel, pour un moment d’échanges, de partage et d’action collective au service d’un cyberespace plus sûr, plus éthique et plus burkinabè.
Vous pouvez désormais suivre notre chaîne WhatsApp en cliquant sur : Suivre la chaine




