Ouagadougou a été le théâtre, ce samedi 25 avril 2026, d’un sursaut corporatiste d’envergure. Réunis en assemblée générale élective, les professionnels du système éducatif burkinabè ont officialisé la naissance d’un collectif stratégique. Sa mission : restaurer le prestige d’une profession de plus en plus malmenée par l’opinion publique et les plateformes numériques.
Dans une salle empreinte de solennité, le diagnostic posé par les acteurs de l’éducation est sans appel : le métier d’enseignant subit une érosion continue de son autorité morale. Face à ce constat, la création de ce collectif marque une volonté de passer de la résignation à l’offensive communicationnelle. L’organisation entend structurer son déploiement autour d’un triptyque opérationnel : des campagnes de sensibilisation d’envergure, une communication proactive et un plaidoyer institutionnel rigoureux pour la valorisation de la fonction enseignante.
L’urgence de restaurer l’autorité pédagogique
Pour Fatimata Lankoandé, portée à la tête de cette nouvelle structure, l’enjeu dépasse largement la simple question d’image de marque. Il s’agit d’une nécessité pédagogique vitale. Elle pointe du doigt la prolifération des discours dépréciatifs, particulièrement virulents sur les réseaux sociaux, qui sapent les fondements mêmes de la transmission du savoir.
« Si l’enseignant est dénigré quotidiennement, l’apprenant perd ses repères. Les enfants auront du mal à voir en lui un modèle ou une source d’inspiration », a-t-elle martelé.
Selon la responsable, cette fragilisation de la crédibilité de l’éducateur brise le contrat de confiance indispensable entre le maître et l’élève, hypothéquant ainsi la qualité de l’apprentissage. Le collectif se donne donc pour sacerdoce de rappeler le rôle cardinal de l’enseignant comme architecte de la citoyenneté et moteur du développement national.
Une mobilisation pour la transformation sociale
L’initiative a suscité un vif enthousiasme parmi les participants. Kansoundiba Namoano, professeur certifié de philosophie, s’est félicité de la qualité des échanges et du niveau d’engagement de ses pairs. Pour lui, la réussite de cette assemblée générale est le signe d’une prise de conscience collective : la réhabilitation de l’image de l’enseignant ne peut être le combat d’un seul groupe, mais nécessite une synergie d’action de tous les partenaires sociaux.
Tout en appelant ses collègues à maintenir une excellence rigoureuse dans leur mission d’éducation, la direction du collectif a rappelé que l’engagement des enseignants pour le bien du système éducatif reste inébranlable. En se dotant de cet outil de défense et de promotion, les professionnels de l’éducation burkinabè entendent bien faire de la transformation positive de la société une réalité concrète, en replaçant « l’école » et ceux qui la font au centre du respect national.
Photo: AIB
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