La Direction générale des impôts (DGI) passe à l’offensive contre la rétention spéculative des terrains. Dans un communiqué daté du 13 août 2026, la Directrice générale des impôts, Eliane T. Djiguemde, annonce la mise en œuvre effective de la taxe additionnelle sur les terrains non mis en valeur ou insuffisamment mis en valeur. La mesure, qui démarre par une phase pilote dans la zone de Ouaga 2000, pourrait aller jusqu’au retrait des parcelles concernées au profit du domaine foncier de l’État.
Ouaga 2000, première zone ciblée
Prévue par les articles 279-2 et suivants du Code général des impôts, cette taxe vise à lutter contre la conservation de terrains à des fins essentiellement spéculatives, alors que les besoins en logements et en espaces aménagés ne cessent de croître.
Pour cette première phase, l’opération concerne la région du Kadiogo, notamment la zone de Ouaga 2000. Depuis juillet 2024, les services de la DGI ont procédé à des opérations de constat afin d’identifier les parcelles demeurées à l’état de broussailles ou ne répondant pas suffisamment aux normes de mise en valeur prévues par la réglementation. Les terrains concernés sont principalement ceux aménagés par la Société nationale d’aménagement des terrains urbains (SONATUR).
Les propriétaires concernés sont invités à retirer leurs avis d’imposition les jours ouvrables, de 8 heures à 15 heures, auprès de la Direction du centre des impôts de Ouaga VIII ou du Centre départemental des impôts de Komsilga.
La DGI a également mis en place une plateforme en ligne permettant aux contribuables de consulter leur situation et de vérifier le montant de la taxe à payer : https://etitre2.dgi.bf.
Deux mois pour payer, puis la menace du retrait
Le dispositif prévoit un calendrier précis. L’avis d’imposition est réputé délivré un mois après la diffusion du communiqué. À compter de cette échéance, le contribuable dispose de deux mois pour s’acquitter de la taxe additionnelle.
À défaut de paiement, un sursis de trois mois est accordé, avec une pénalité de 10 %. Mais passé ce délai supplémentaire, le propriétaire s’expose à une sanction particulièrement lourde : le retrait de la parcelle.
Selon le mécanisme annoncé, le terrain pourra être réincorporé d’office dans le domaine foncier de l’État. Une disposition qui donne à cette réforme une portée bien plus importante qu’une simple mesure fiscale.
À travers cette opération, les autorités entendent ainsi mettre fin à la pratique consistant à conserver des parcelles sans les mettre effectivement en valeur, dans l’espoir de réaliser une plus-value lors de leur revente.
Le message de l’administration fiscale est donc clair : la détention d’une parcelle ne saurait plus constituer un simple placement spéculatif. À terme, la mesure pourrait s’étendre à d’autres zones urbaines du pays et contribuer à accélérer la mise en valeur des terrains, notamment dans les grandes agglomérations.
Pour les propriétaires concernés, l’heure est désormais à la vérification de leur situation fiscale et, surtout, à la mise en valeur effective de leurs parcelles.




