Le parti Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF) a tenu, le 6 juin 2026 à Diamniadio, son premier congrès ordinaire depuis son accession au pouvoir. Cet événement politique majeur a réuni plusieurs milliers de militants, cadres et responsables du parti autour d’un objectif commun : consolider l’organisation politique qui a porté le président Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême et qui demeure l’une des principales forces de transformation de la vie politique sénégalaise.
Ce congrès a également consacré l’élection d’Ousmane Sonko à la présidence du parti. Figure centrale de PASTEF et principal artisan de son ascension politique, Sonko a profité de cette tribune pour définir les orientations idéologiques et stratégiques qui devront guider l’action du mouvement dans les années à venir.
Dans son discours, le nouveau président du parti a insisté sur la nécessité pour PASTEF de demeurer fidèle à ses principes fondateurs malgré son arrivée aux responsabilités. Il a rappelé que le combat politique engagé depuis plusieurs années visait avant tout la transformation profonde de l’État, la promotion de la souveraineté nationale, la justice sociale et la bonne gouvernance.
Face aux militants, Ousmane Sonko a particulièrement mis en garde contre les dérives qui peuvent accompagner l’exercice du pouvoir. Selon lui, le parti ne doit pas se laisser détourner de sa mission par les logiques de positionnement personnel ou les rivalités liées à l’occupation des fonctions publiques. Il a affirmé que PASTEF n’avait jamais été créé pour distribuer des postes ou satisfaire des ambitions individuelles, mais pour porter un projet politique de rupture au service des populations sénégalaises.
Le congrès a également été l’occasion de renforcer les structures internes du parti. Les participants ont adopté plusieurs résolutions visant à améliorer l’organisation territoriale, la formation des militants et le fonctionnement des instances dirigeantes. Cette volonté de structuration répond à la nécessité de transformer un mouvement politique issu de l’opposition en une organisation durable capable d’accompagner l’exercice du pouvoir sur le long terme.
Les travaux ont aussi permis de dresser un premier bilan de l’action gouvernementale depuis l’alternance politique de 2024. Les responsables du parti ont mis en avant les réformes engagées dans les domaines de la gouvernance, de la transparence publique et de la souveraineté économique. Ils ont toutefois reconnu l’ampleur des défis auxquels le Sénégal demeure confronté dans un contexte économique et social exigeant.
Au-delà des questions organisationnelles, ce premier congrès a pris une dimension particulière en raison du contexte politique national. Plusieurs observateurs y voient une étape décisive dans la clarification des rapports entre le parti, les institutions de l’État et l’exécutif. Les débats intervenus autour de la place de PASTEF dans l’exercice du pouvoir témoignent de l’importance des enjeux liés à la mise en œuvre du projet politique porté par la majorité.
À travers ce congrès, PASTEF a cherché à envoyer un message de cohésion et de continuité. Le parti entend démontrer qu’il reste mobilisé autour de ses engagements initiaux tout en s’adaptant aux exigences de la gouvernance. Pour Ousmane Sonko et les dirigeants du mouvement, l’enjeu est désormais de transformer l’élan populaire qui a conduit à l’alternance en résultats concrets capables de répondre durablement aux attentes des Sénégalais
Jérôme KABORE
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