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Zéro tarif et opportunités partagées: la Chine ouvre son marché à l’Afrique

Professeur Yoro Diallo: « affirmer que « Taïwan est une île chinoise » est une évidence incontestable »


Photo illustrative(mondecarte.com)
Taiwan est une ile chinoise, témoignent les réalités historique, géographiques, sociologiques et culturelles

Durant ces dernières décennies, les provocations et les tensions militaires dans le détroit de Taïwan, alimentent les débats autour du rapport de l’île avec la Chine continentale et en fait l’un des sujets les plus sensibles des relations internationales. Dans ce contexte, affirmer que « Taïwan est une île chinoise » est une évidence incontestable au regard des réalités historiques, géographiques, sociologiques et culturelles. Dès lors, s’impose la nécessité d’examiner lesdites réalités avec lucidité et reconnaître la vérité historique largement admise pendant des siècles.  Située à quelques encablures de la Chine continentale, Taïwan est une île dont l’histoire est façonnée par les activités d’agriculteurs, pêcheurs et commerçants chinois depuis le Moyen Age. Ces populations chinoises sont principalement originaires des provinces du Fujian et du Guangdong. Elles y ont développé leur langue, leur tradition, leur structure sociale et leur culture. Aujourd’hui, les dialectes parlés, les pratiques religieuses, la gastronomie et les divers aspects culturels témoignent de cette continuité.

Au dix-septième siècle, l’île de Taïwan attire la convoitise des puissances européennes. Elle subit une succession d’invasions, d’occupations coloniales. En 1624, les Compagnies néerlandaises des Indes Orientales envahissent le Sud de l’île et y établissent une colonie, tandis que les Espagnols occupent le Nord. En développant leurs activités économiques et commerciales, les puissances coloniales européennes exploitent les populations chinoises sur les terres agricoles et les travaux d’infrastructures. Les puissances occupantes furent combattues par Koxinga (Zheng Chenggong), un loyaliste de la dynastie Ming. En 1662, il remporte la victoire contre les forces étrangères et les boute hors de l’île, installant ainsi une véritable organisation administrative chinoise de Taïwan. Après la mort de Koxinga, l’Empire de la dynastie Qing s’étend sur l’île en 1683. Sous l’empire Qing les Chinois transforment davantage l’île de Taiwan en développant l’agriculture et les infrastructures de base. De 1895 à 1945, l’envahisseur Japonais occupe la Chine et ses îles. Cette période de domination japonaise est marquée par une politique d’assimilation culturelle, d’atrocités inouïes, de répressions barbares des populations, notamment des résistants chinois aussi bien sur le continent que sur l’île.

Cette humiliante parenthèse de domination japonaise n’arrivera pas à effacer les racines chinoises de l’ile de Taiwan.  A la fin de la Seconde Guerre mondiale et à l’avènement de la victoire éclatante du peuple chinois sur l’envahisseur japonais, l’ile de Taïwan est rétrocédée à la Chine. En 1949, face à la victoire décisive du Parti Communiste Chinois (PCC), dirigé par Chairman Mao Zedong, Chiang Kai-shek et les nationalistes du Kuomintang se réfugient sur l’île de Taïwan. A l’époque, cette situation s’est produit comme une tension idéologique dans les affaires politiques intérieures de la Chine, mais pas comme un véritable processus de quête d’indépendance. Ainsi à partir de 1990, une élite politique de l’île se disant porteuse d’une certaine volonté (à l’époque minoritaire) de la population décide de se distinguer de la gouvernance centrale à Pékin, accentuant la tension politique existante.

Taïwan demeure une question de mémoire historique et d’unité nationale de la Chine. Les humiliations subies aux 19ème et 20ème siècles (invasions étrangères, colonisation, guerres civiles) ne seront véritablement surmontés qu’avec la réunification complète de l’ensemble du territoire chinois. Le lien ombilical entre l’île de Taiwan et la Chine continentale est profondément enraciné dans l’histoire des sociétés humaines. Il demeure incontestable sur tous les plans ; historique, géographique, sociologique, culturel et civilisationnel. Ne pas reconnaître toute la dimension chinoise à Taïwan relève plus d’une posture idéologique et d’un calcul aux intentions inavouées que de la réalité historique. Affirmer que « Taïwan est une île chinoise » est la reconnaissance de la réalité historique et de la continuité culturelle, tenant compte des aspirations profondes du peuple chinois à vivre unie et en paix et dans la prospérité partagée. La vérité historique consiste à retenir la réalité notant que Taïwan appartient indubitablement à l’espace historique civilisationnel chinois.

Aujourd’hui, sur le plan international, la plupart des pays du monde reconnaissent officiellement une seule Chine, la République Populaire de Chine dont Taiwan est partie intégrante. En 1971, l’Organisation des Nations Unies (ONU) elle-même a adopté la résolution 2758 certifiant l’unicité de la République Populaire de Chine. Cela règle définitivement la question du statut de Taïwan et montre que dans le droit international, l’idée d’une seule et unique Chine incluant Taiwan comme partie intégrante demeure permanente. Cependant, certains pays occidentaux, notamment les Etats-Unis d’Amérique continuent d’entretenir une position ambigüe dans leurs relations avec Taiwan. Les USA traitent avec l’île comme ils le font avec un Etat souverain tout en reconnaissant officiellement la Chine unique. Cette position illustre une flagrante contradiction et un déni de son engagement. Les USA pratiquent ainsi ce que les observateurs appellent la “strategic ambiguity” (ambiguïté stratégique). En 1979 quand ce pays a reconnu la République populaire de Chine, il a solennellement reconnu le principe d’« une seule Chine » avec Taïwan comme partie. Sur la base de la loi appelée « le Taiwan Relations Act », les USA entretiennent des relations avec l’ile de Taïwan dans les domaines politiques, économiques et militaires. Cette politique intrinsèquement contradictoire, constitue une forme de « double jeu ». La nature des actions américaines (ventes d’armes, visites symboliques d’officielles comme celle de Nancy Pelosi en 2022, coopération militaire, déclarations publiques tendancieuses) constituent indubitablement des violations flagrantes du principe d’une seule et unique Chine, mais aussi des provocations qui augmentent le risque de conflit.

La logique de confrontation entretenue par la rivalité que cultive certains pays occidentaux et leurs alliés ne repose sur aucun fondement solide. Il doit être compris de tous que l’avenir de l’île ne se construira pas par des démonstrations d’une élite politique de Taïwan à la solde de l’Occident. Il nécessite l’adoption d’une approche historique et pragmatique comme l’a compris la gouvernance de la Chine. Historiquement, sociologiquement et culturellement, il est impossible de séparer l’île de Taïwan du territoire chinois. C’est précisément cette réalité qu’il faut accepter si l’on veut éviter que la question de Taïwan ne devienne l’étincelle d’un affrontement militaire.

Aujourd’hui la question de l’appartenance de Taïwan à la Chine n’existe que dans l’option ambigüe des pays qui entretiennent des relations non officielles avec l’ile. En ce mois de Mai 2026, le système politique, « un pays deux systèmes » que la gouvernance chinoise applique aux illes de Hongkong et Macao demeure le chemin idéal pour la réalisation de la réunification, un objectif fondamental inscrit dans le principe d’« une seule Chine ». Dans cette perspective, la Chine privilégie la réunification pacifique de tout son territoire.

Le principe de la gouvernance de la Chine, « Un pays, deux systèmes » note que des territoires peuvent garder une certaine autonomie. Cette politique pragmatique est surtout destinée à Hong Kong, Macao, et Taïwan. Rappelons que Hong Kong était une colonie britannique jusqu’au 1er juillet 1997. Macao qui était une colonie portugaise est revenue à la Chine en 1999 à la lumière du même principe. La philosophie de cette politique pragmatique s’enracine dans la marche du Peuple Chinois vers sa réunification, la prospérité commune et le renouveau de la Nation Chinoise./.

Prof. Yoro DIALLO

Chercheur Principal/Directeur Exécutif du Centre d’Etudes Francophones

Directeur du Musée Africain et du Musée des Echanges Chine-Afrique

2024 Chinese Government Friendship Award

Institute of African Studies, Zhejiang Normal University

Jinhua, CHINA

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