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Limogeage de Brama Traoré : Analyse de John Leonel KABORE


La Fédération burkinabè de football a officiellement mis fin à sa collaboration avec le sélectionneur national des Étalons, Brama Traoré, ainsi qu’avec son staff technique ce mercredi 14 janvier 2026, à la suite des résultats jugés en deçà des objectifs annoncés pour la CAN 2025.

John Leonel KABORE, journaliste et consultant sportif analyse en exclusivité pour Tinganews le limogeage de Brama Traoré, sélectionneur de l’équipe nationale.

Brama Traoré et son staff technique

Le départ de Brama Traoré et de son staff technique de la tête des Étalons du Burkina suscite de nombreuses réactions depuis quelques jours au Burkina Faso. Mais au-delà du limogeage de Brama Traoré, une question essentielle s’impose : a-t-on réellement identifié les causes profondes des contre-performances répétées de notre équipe nationale ? À force de chercher des responsables immédiats, le Burkina Faso risque de passer à côté du vrai débat : celui de la gouvernance, de la transparence dans les choix techniques, de la protection du staff face aux pressions extra-sportives et de la primauté du mérite sur toute autre considération.

Cette analyse se veut une interpellation citoyenne, un appel à la lucidité collective et à une refondation courageuse du football burkinabè, pour l’aligner à la hauteur des attentes du peuple et des ambitions nationales.

Sous l’effet de colère, de déception et d’incompréhension, il y a aussi espoir d’un nouveau départ. Comme souvent dans notre football, le changement d’entraîneur apparaît comme la réponse immédiate à l’échec. Pourtant, la vraie question mérite d’être posée sans détour : avons-nous réellement réglé le problème ou avons-nous simplement changé de visage ?

Depuis plusieurs années, le football burkinabè avance par à-coups, oscillant entre exploits ponctuels et désillusions récurrentes. À chaque contre-performance majeure, le même scénario se répète: un sélectionneur part, un autre arrive, les attentes renaissent… avant que les mêmes difficultés ne refassent surface. Cela ne peut plus être un hasard.

La liberté du sélectionneur : condition sine qua non pour de bons résultats

Être sélectionneur des Étalons aujourd’hui, c’est exercer sous une pression permanente, parfois sportive, parfois extra-sportive. Peut-on réellement parler de performance lorsque l’environnement de travail n’est pas totalement sain ?

Autour de l’équipe nationale gravitent trop souvent des acteurs influents de notre championnat, des managers et divers intermédiaires qui brouillent les lignes entre décision technique et intérêts particuliers. Dans ces conditions, même le meilleur entraîneur du continent serait mis en difficulté.

La question n’est donc pas seulement de savoir si Brama Traoré était l’homme idéal, mais de reconnaître qu’aucun entraîneur ne peut réussir durablement sans protection institutionnelle claire.

Mérite et performance : des principes à restaurer

De nos jours, le football moderne repose sur un principe simple et clair qui est le mérite. Les convocations, les titularisations et la hiérarchie doivent être dictées par la forme du moment, la performance, l’engagement et surtout le patriotisme, rien d’autre. Tant que ce principe ne sera pas appliqué sans concession, les Étalons continueront à avancer avec le frein à main.

Je le dis et je le répète, le Burkina Faso regorge de jeunes talents, aussi bien sur le plan local que dans les clubs européens. Des jeunes qui progressent, travaillent et rêvent de défendre le maillot national. Encore faut-il que la porte leur soit ouverte sur des bases justes et transparentes.

Oser des choix sportifs forts

La Fédération burkinabè de football est aujourd’hui face à un choix décisif : poursuivre dans la gestion des urgences ou engager une véritable réforme. Cette réforme doit passer par une gouvernance plus rigoureuse, une séparation nette entre pouvoir administratif et décisions sportives, et une vision à long terme clairement assumée.

Changer d’entraîneur est facile. Changer de méthode demande du courage.

Le peuple critique par amour

Le peuple burkinabè aime profondément ses Étalons car ils sont nos ambassadeurs. Cet amour ne doit plus être instrumentalisé par des décisions précipitées ou émotionnelles. Aimer son football, c’est accepter de poser les bonnes questions, même lorsqu’elles dérangent.

Aujourd’hui, l’équipe nationale n’a pas seulement besoin d’un nouveau sélectionneur. Il a besoin d’un projet, d’un cadre sain, et d’une volonté collective de faire passer l’intérêt national avant les intérêts individuels.

Lire aussi : « A la CAN Maroc, si un prix du pire milieu existait, nous l’aurions gagné » John Leonel KABORE

Changer d’entraîneur ne changera rien sans une réforme profonde de la gouvernance, de la transparence et de la vision du football burkinabè.

Si cette crise peut servir à quelque chose, qu’elle soit au moins le point de départ d’un football plus juste, plus transparent et plus ambitieux.

Les Étalons le méritent.
Le peuple burkinabè aussi.

John Leonel KABORE 

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Pengdwendé John Ulrich Leonel KABORE est un journaliste qui s'intéresse aux questions de Développement Durable, Sport, Culture, Nouvelles Technologies et Protection sociale.


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