Humiliés par la Côte d’Ivoire (3-0) en huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025, les Étalons du Burkina Faso quittent la compétition avec plus de questions que de certitudes. Lacunes tactiques, milieu de terrain en souffrance, responsabilités de l’encadrement et de la Fédération Burkinabè de Football, Tinganews présente en exclusivité l’analyse faite par John Leonel KABORE sur la rencontre.
La lourde défaite des Étalons du Burkina Faso face à la Côte d’Ivoire (3-0), en huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025, au Grand Stade de Marrakech, restera comme l’un des matchs les plus douloureux de notre parcours en Coupe d’Afrique des Nations. Non pas uniquement à cause du score, mais surtout en raison du contenu du jeu, révélateur de maux profonds que l’on ne peut plus masquer derrière la seule passion patriotique.
Ce revers, difficile à digérer pour tout un peuple, impose aujourd’hui une lecture lucide, honnête et sans complaisance de la situation de notre équipe nationale de football.
« Notre milieu de terrain était en grande difficulté »
S’il fallait résumer le parcours des Étalons dans cette Coupe d’Afrique des Nations 2025, le constat est clair: dans la récupération, dans l’organisation du jeu, dans la projection offensive, l’équipe a souvent été dépassée. Face à la Côte d’Ivoire, ce déficit a été particulièrement criard.
À ce niveau de compétition, sans un milieu capable de contenir l’adversaire, d’orienter le jeu et de relancer proprement, toute l’équipe ne se retrouve plus. Ici, il ne s’agit pas de démoraliser des joueurs individuellement. Certains ont livré des prestations honnêtes, parfois courageuses. Mais collectivement, le milieu burkinabè a figuré parmi les moins performants de cette CAN. À ce rythme, s’il existait un prix du milieu de terrain le plus en difficulté, nous aurions malheureusement été de sérieux candidats.
« Des joueurs ont qu’à même mouillé le maillot »
Je refuse de jeter la pierre à l’ensemble des joueurs. Beaucoup ont défendu les couleurs nationales avec dignité, engagement, professionnalisme et patriotisme, dans un contexte parfois ingrat. En revanche, pour ceux qui voyaient cette CAN comme une opportunité de relance personnelle ou une vitrine individuelle, le rendez-vous est manqué. Le très haut niveau ne pardonne ni l’approximation, ni le manque d’impact.
« L’Encadrement Technique a montré ses limites »
L’encadrement technique n’échappe pas à l’analyse. Le coach Brama Traoré et son staff ne sont pas parvenus à corriger les insuffisances observées lors des précédents grands rendez-vous, notamment face à l’Égypte lors des éliminatoires de la Coupe du monde et contre l’Algérie en phase de poules de cette CAN. Les choix opérés, les ajustements tardifs et l’incapacité à corriger les déséquilibres récurrents, notamment au milieu de terrain, interrogent énormément. Une Coupe d’Afrique des Nations ne se gagne pas uniquement avec du cœur. Elle se prépare avec une vision claire, une identité de jeu assumée et une lecture tactique fine des adversaires.
« La Fédération Burkinabè de Football face à ses responsabilités »
Au-delà du terrain, cette élimination pose une question plus large; celle de la gouvernance réelle du football burkinabè.
Le Burkina Faso ne peut plus se contenter de demi-mesures. Une réforme profonde, courageuse et structurée de la Fédération burkinabè de Football (FBF) est désormais indispensable.
Bâtir une véritable nation de football suppose d’investir sur le long terme, à travers la formation des entraîneurs, la structuration des championnats et l’élaboration d’une vision technique nationale claire. Un processus qui exige du courage, de la patience et une réelle volonté politique.
« Malgré tout, nous devons toujours soutenir notre équipe nationale »
Oui, la douleur est grande. Oui, la comparaison avec certaines sélections de jeunes, parfois plus structurées et mieux préparées, interpelle. Aimer son équipe nationale, ce n’est pas fermer les yeux sur ses failles, c’est oser dire la vérité, même lorsqu’elle dérange.
Le fond du problème réside également dans notre difficulté à accepter que la réussite se construit toujours dans la durée. Tant que cette réalité sera ignorée, les mêmes causes produiront toujours les mêmes effets.
L’équipe est jeune avec également du potentiel. Les Étalons doivent désormais se reconstruire avec humilité et ambition. Le peuple sera toujours présent à condition que chaque partie, à savoir les joueurs, l’encadrement technique et les dirigeants, assume pleinement sa part de responsabilité.
Vive les Étalons.
Vive le Burkina Faso.
John Leonel KABORE
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