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L’ICR : une nouvelle opportunité de coopération entre la Chine et l’Europe


La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen prononce un discours pendant un débat sur la nécessité d’une stratégie cohérente pour les relations UE-Chine lors de la session plénière au Parlement européenne, à Strasbourg, le 18 avril 2023. 

Ce mois-ci aura lieu le 3e Forum de « la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale. Celui-ci marquera le 10e anniversaire de l’initiative « la Ceinture et la Route ». En effet, c’est en septembre 2013 que le président chinois Xi Jinping a annoncé le lancement d’une initiative qu’il a appelé à construire en commun et qui allait avoir un impact majeur dans le monde : l’initiative « la Ceinture et la Route » (ICR). Plus de 150 pays ont signé des documents de coopération avec la Chine dans le cadre de l’ICR, ce qui a fait de cette initiative la plus grande plateforme de coopération internationale. Centrée sur la connectivité, l’ICR a non seulement permis de promouvoir le développement économique et la lutte contre la pauvreté en Chine grâce au désenclavement des régions chinoises du Centre et de l’Ouest notamment, mais elle a aussi offert de nouvelles opportunités de développement à de nombreux pays participants qui, du fait de leur situation géographique, de leur manque d’infrastructures et de l’insuffisance des investissements, restaient coincés dans le piège de la pauvreté. Grâce à l’ICR, le développement et la croissance économique de nombreux pays engagés dans l’initiative ont également été favorisés par l’accroissement du commerce extérieur, l’implantation de nouvelles entreprises et la création de nouveaux emplois. D’abord axée sur l’Asie, l’Afrique et l’Europe, l’ICR couvre maintenant aussi l’Océanie, l’Amérique du Sud et les Caraïbes, et demeure ouverte à tous les pays et toutes les régions qui veulent s’y joindre.

Chercher un terrain d’entente par-delà les différences

Caractérisée notamment par l’instauration et le respect de normes de qualité élevées, le développement vert et durable, le développement commun et la prospérité commune, et fondée sur les principes de concertation, de synergie et de partage, l’ICR promeut un développement de haute qualité. Sur cette base, l’Europe et la Chine gagneraient à renforcer leur coopération économique.

Pourtant, l’Europe hésite quant à l’attitude à adopter vis-à-vis de l’ICR lancée par la Chine. D’une part, des pays membres de l’Union européenne (UE) qui voient l’ICR comme une opportunité à saisir y participent en solo, étant donné qu’il n’y a pas de consensus en la matière au sein des 27. D’autre part, de nombreux pays d’Europe centrale, de l’Est et du Sud qui ne font pas partie de l’UE sont très favorables à l’ICR. De plus, certains dirigeants ou pays de l’UE considèrent la Chine comme un rival avec lequel il y aurait des intérêts antagonistes au lieu de la voir comme un partenaire avec lequel il y aurait des intérêts communs.

 

Malgré tout, persuadée qu’il faut chercher un terrain d’entente par-delà les divergences, la Chine continue d’accorder une grande importance à ses relations avec l’Europe. Maintenant sa politique de réforme et d’ouverture et sa politique extérieure indépendante et pacifique, elle considère qu’il est crucial de travailler avec l’UE pour relever les défis mondiaux et promouvoir le développement, la croissance économique, la prospérité commune, la paix et la stabilité dans le monde. L’ouverture, l’inclusion, l’égalité, l’équité, la solidarité, la coopération gagnant-gagnant, la confiance, l’inspiration et l’apprentissage mutuels, entre autres, sont des valeurs véhiculées par l’ICR et sur la base desquelles la Chine et l’Europe peuvent coopérer.

Un avion-cargo de SF Airlines à destination de Liège (Belgique) s’apprête à décoller depuis l’aéroport Ezhou Huahu (Hubei) le 1er avril, marquant l’ouverture de la première ligne de fret internationale de l’aéroport

Une coopération gagnant-gagnant entre la Chine et l’Europe

Aujourd’hui, la Chine est le premier partenaire commercial de l’UE, et l’UE est le deuxième partenaire commercial de la Chine. En 2021, le commerce bilatéral a dépassé les 800 milliards de dollars et les investissements bilatéraux ont représenté plus de 270 milliards de dollars. Le lancement de l’ICR il y a dix ans a fortement contribué à l’essor du commerce Chine-Europe, et avec la progression de l’ICR, le commerce et les investissements bilatéraux devraient continuer à croître.

Le marché chinois est grand et dynamique, et la demande pour des produits de qualité et des savoir-faire européens ne cesse d’augmenter. De même, la Chine fait preuve d’une vitesse et d’une efficacité de production hors pair, et a les capacités financières d’investir dans une Europe qui en a d’ailleurs besoin pour revitaliser son économie. Cela contribue à la prospérité commune sur les deux continents. Sans compter que la Chine et les pays européens peuvent investir ensemble sur les marchés tiers, permettant ainsi de favoriser le développement et la croissance dans le monde.

En réalité, la Chine et l’Europe sont complémentaires sur le plan économique et peuvent stimuler leur développement respectif en approfondissant leur coopération dans de nombreux domaines. Ces dernières années, par exemple, le transport ferroviaire a permis d’impulser les échanges économiques et commerciaux Chine-Europe.

Le modèle du projet d’une piscine répondant aux normes internationales en Biélorussie, construit par Beijing Construction Engineering Group, attire des visiteurs à la CIFTIS, à Beijing, le 4 septembre 2023. ( PHOTO : YU JIE)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La promotion des échanges économiques et commerciaux grâce aux nouvelles lignes ferroviaires

Le commerce Chine-Europe a longtemps été limité par le temps, la distance et le coût du transport. Or, la construction et modernisation de lignes ferroviaires dans le cadre de l’ICR a permis de raccourcir le temps de transport (le transport ferroviaire étant plus rapide que le transport maritime), d’atteindre des pays et régions enclavées n’ayant aucun accès à la mer et en manque d’infrastructures permettant d’importer et d’exporter facilement des produits de ou vers l’étranger, de désengorger le fret maritime et de réduire la dépendance à son égard, de diminuer le blocage des chaînes industrielles et d’approvisionnement, et de faire baisser les coûts de transport.

 

À présent, il y a plus de 12 000 km de rails entre la Chine et l’Europe. Le réseau de fret ferroviaire Chine-Europe part de plus de 100 villes chinoises et relie plus de 215 villes de 25 pays d’Europe. Au premier semestre 2023, plus de 73 000 trains de fret ont circulé entre la Chine et l’Europe, transportant environ 6,9 millions de conteneurs EVP (équivalent vingt pieds) de marchandises.

L’amélioration de la connectivité Asie-Europe, Chine-Europe, voire intra-européenne a non seulement promu les échanges économiques et commerciaux entre la Chine et l’Europe, mais aussi plus largement dans de nombreux pays partenaires de l’ICR.

Dans le monde instable et complexe où nous vivons, il est d’autant plus nécessaire que tous les pays travaillent ensemble pour relever les défis et résoudre les problèmes mondiaux. L’ICR, bien que lancée par la Chine, est un bien universel auquel chaque pays, quelle que soit sa taille, sa puissance ou sa richesse, peut contribuer, et dont chaque pays, tout en gardant son indépendance, sa souveraineté et sa dignité, peut bénéficier. Elle permet de « bâtir des ponts au lieu d’ériger des murs », c’est-à-dire de promouvoir la coopération, l’inclusion et la solidarité, au lieu de la confrontation, l’exclusion et la division, afin de construire ensemble une communauté de destin pour l’humanité. L’ICR est donc une opportunité de renforcer la coopération Chine-Europe, mais il ne tient qu’à l’Europe de décider si elle veut monter dans le train du développement commun et de la prospérité commune.

ZHANG ZHONGSHENG est directeur adjoint du département de marxisme de l’Université des finances et de l’économie du Xinjiang, et maître de conférences à l’Université centrale des finances et de l’économie.

PEGGY CANTAVE FUYET est experte française à l’Institut de recherche sur l’histoire et la littérature du Parti relevant du Comité central du PCC.

Source:La Chine au présent   

Auteur:ZHANG ZHONGSHENG et PEGGY CANTAVE FUYET

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