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Zéro tarif et opportunités partagées: la Chine ouvre son marché à l’Afrique

Johannesburg/Forum des Médias et Think Tank du Sud Global: voici ce que le Professeur Liu Hongwu a dit


A l’ouverture du forum des Médias et Think Tank du Sud Global, le Doyen de l’Institut d’études africaines de l’Université normale du Zhejiang a prononcé un discours digne d’intérêt dans lequel il a relevé que l’Afrique et la Chine, main dans la main, sont sur le point de jouer un rôle crucial dans la gouvernance mondiale.
Lisez plutôt l’intégralité de son discours. 

 

 »Estimé Rédacteur en chef Lü Yansong,

Monsieur Iqbal Surve, Président du groupe Independent Media d’Afrique du Sud,

Monsieur le Maire Dada Morero, et mon vieil ami,

Monsieur Mwencha, ancien Vice-président de la Commission de l’Union africaine,

bonjour à toutes et à tous !

Je suis très heureux de me retrouver aujourd’hui avec mes anciens et nouveaux amis du continent africain !

Le thème de mon intervention d’aujourd’hui est le suivant : l’heure de l’Afrique, l’heure de l’Afrique du Sud et l’heure de la coopération sino-africaine pour la gouvernance mondiale sont arrivées. En cette ère de transformation, que devraient et que peuvent faire les médias chinois et africains ?

Nous disons que la gouvernance mondiale a besoin de la sagesse du Sud global, de la sagesse de l’Afrique, de la sagesse de l’Afrique du Sud, et bien sûr, de la sagesse commune de la Chine et de l’Afrique. C’est un objectif pour lequel nous luttons depuis des décennies. Bien entendu, ce que nos médias peuvent faire aujourd’hui est déterminé par ce que nous avons fait par le passé. Permettez-moi de revenir brièvement, à travers mon expérience personnelle, sur ce que nous avons accompli et ce que nous devons faire à l’avenir.

  1. Ce que nous avons fait par le passé

Il y a 35 ans, je me suis rendu pour la première fois sur le continent africain pour étudier au Nigeria, puis à l’Université de Dar es Salaam en Tanzanie. J’ai également effectué des visites d’échange à l’Université du Witwatersrand en Afrique du Sud, à l’Université du Caire en Égypte et à l’Université de Nairobi au Kenya. Je suis moi-même un universitaire chinois formé par des universités africaines. Il y a 25 ans, j’ai été invité à participer à la première conférence ministérielle du Forum sur la Coopération Sino-Africaine (FOCAC) à Beijing. Aujourd’hui, 25 années se sont écoulées. Pendant cette période, j’ai dirigé l’équipe de l’Institut d’études africaines de l’Université normale du Zhejiang pour mener une série d’activités majeures en Afrique du Sud, en coordination avec la coopération sino-africaine. Permettez-moi de vous présenter quelques-uns de ces événements importants :

Le premier événement majeur a eu lieu en 2010, lorsque j’ai conduit une délégation en Afrique du Sud pour organiser le Séminaire commémoratif du 10e anniversaire du Forum sur la Coopération Sino-Africaine. M. Xi Jinping, alors Vice-président de la Chine, a assisté à la conférence et y a prononcé un discours liminaire important. Le soir même, il m’a reçu avec la délégation d’universitaires chinois, et nous avons discuté de la manière dont les universitaires chinois devraient participer et promouvoir la coopération sino-africaine. Conformément aux importantes instructions de M. Xi Jinping, nous avons créé en 2011 le Forum des groupes de réflexion Chine-Afrique, qui a depuis tenu 14 sessions en Chine et en Afrique, devenant une plateforme de haut niveau pour les échanges et la coopération entre les intellectuels et les médias de Chine et d’Afrique.

Le deuxième événement majeur a eu lieu en 2015, lorsque j’ai conduit une délégation en Afrique du Sud pour organiser, conjointement avec le ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, la 4e Conférence du Forum des groupes de réflexions Chine-Afrique », en guise de prélude au Sommet de Johannesburg du FOCAC qui allait suivre. Un mois plus tard, le Président Xi Jinping est venu à Johannesburg pour le Sommet, le premier sommet de ce type à se tenir sur le continent africain.

Le troisième événement majeur a eu lieu en 2017, lorsque j’ai accompagné la Vice-Première ministre du Conseil des Affaires d’État, Madame Liu Yandong, en Afrique du Sud pour lancer le Mécanisme d’échange de haut niveau entre les peuples de Chine et d’Afrique du Sud. Il s’agit de l’unique mécanisme d’échange humain et culturel de ce niveau entre la Chine et un pays africain, constituant une plateforme essentielle pour les échanges culturels sino-africains, et qui sert également de plateforme d’échanges pour toute l’Afrique. Après la conférence, notre institut (l’Institut d’études africaines de l’Université normale du Zhejiang) est devenu un groupe de réflexion majeur pour les échanges humains et culturels sino-africains. Nous avons créé le Centre de recherche sur les échanges humains et culturels Chine-Afrique et compilé le Rapport sur les échanges humains et culturels sino-sud-africains, dont trois volumes ont déjà été publiés. Cette année, en nous appuyant sur ces bases, nous avons élargi notre travail et lancé le Rapport sur le développement des échanges humains et culturels Chine-Afrique dans le cadre du mécanisme des BRICS, en hommage à l’Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique 2026.

Le quatrième événement majeur a eu lieu en mars 2024, lorsque nous avons organisé la 13e Conférence du Forum des groupes de réflexion Chine-Afrique à Dar es Salaam, en Tanzanie. Lors de cette conférence, nous avons publié conjointement avec des universitaires africains le Consensus de Dar es Salaam Chine-Afrique. En août, à la veille du Sommet de Beijing 2024 du FOCAC, 64 universitaires africains de 53 pays, dont le professeur honoraire à vie de notre institut et diplomate sud-africain chevronné, l’Ambassadeur Gert Grobler, ont adressé une lettre au Président Xi Jinping pour présenter le travail que nous avons mené conjointement au cours des dix dernières années. Le Président Xi Jinping a accordé une grande importance à cette lettre et a répondu aux universitaires africains par une lettre empreinte d’émotion. L’Ambassadeur Gert a travaillé à plein temps dans notre institut pendant de nombreuses années, et nous avons noué une amitié fraternelle. Il est également présent aujourd’hui, et je vous prie de l’accueillir chaleureusement ! Hier soir, dès ma descente d’avion, je suis allé à l’hôtel pour lui rendre visite. Et l’Ambassadeur Gert, âgé de près de 80 ans, avait personnellement fait le trajet depuis Pretoria pour m’attendre à l’hôtel. L’Ambassadeur Gert est un pont d’amitié entre la Chine et l’Afrique, entre la Chine et l’Afrique du Sud.

Aujourd’hui, dans cette salle, se trouvent 12 des universitaires africains qui ont signé la lettre au Président Xi Jinping, ainsi que d’autres chercheurs qui sont nos partenaires de longue date. Je tiens à vous remercier pour vos efforts et vos contributions à la coopération sino-sud-africaine et sino-africaine.

Mesdames et Messieurs, ces quelques exemples montrent que nous avons déjà établi d’excellentes relations de coopération avec l’Afrique du Sud et de nombreux autres pays africains. Nous disposons désormais d’une base solide pour lancer la Conférence des partenaires africains du Forum de haut niveau des médias et groupes de réflexion du Sud global.

  1. Ce que nous devons faire à l’avenir

L’heure de l’Afrique et de l’Afrique du Sud pour la gouvernance mondiale est arrivée. L’Afrique et la Chine, main dans la main, sont sur le point de jouer un rôle crucial dans la gouvernance mondiale. Dans ce processus, comment les médias et les groupes de réflexion peuvent-ils jouer un rôle de soutien et de service essentiel ?

Premièrement, continuer à mettre en œuvre l’esprit de la lettre de réponse du Président Xi Jinping et apporter davantage d’idées pertinentes et éclairées à la coopération sino-africaine. Dans sa réponse aux universitaires africains, le Président Xi Jinping a exprimé son espoir que, « sur la base du Consensus de Dar es Salaam Chine-Afrique, vous intensifierez vos recherches et explorations sur les voies de développement des pays du Sud global, ainsi que sur la coopération sino-africaine et Sud-Sud, et continuerez à fournir un soutien intellectuel important pour la construction d’une communauté de destin sino-africaine de haut niveau et la défense des intérêts communs du Sud global. » Le rôle des médias et des groupes de réflexion est de contribuer davantage de sagesse à la coopération sino-africaine et au Sud global.

Deuxièmement, il est impératif de s’enraciner en Afrique, d’étudier l’Afrique, afin de devenir de véritables experts de la région et de ses pays, maîtrisant à la fois les réalités chinoises et africaines. Pour cela, il faut avant tout comprendre les aspirations populaires, les réalités sociales, l’opinion publique, le contexte national et la situation internationale de l’Afrique. Ce n’est qu’en comprenant l’opinion publique africaine que nous pourrons mieux coopérer avec les médias du continent. Parallèlement, il est nécessaire d’étudier l’écosystème médiatique africain afin de promouvoir des échanges et une coopération sur un pied d’égalité entre les médias chinois et africains.

Troisièmement, il nous faut raconter nos histoires respectives dans un langage mutuellement compréhensible. Les médias s’adressent au grand public. C’est pourquoi nous suggérons que, dans nos interactions et notre coopération avec nos amis africains ainsi qu’avec leurs médias, nous adhérions au principe de « sincérité, résultats concrets, amitié et bonne foi » prôné par le Président Xi Jinping. Il faut, autant que possible, éviter la langue de bois, le ton bureaucratique, le jargon pseudo-académique, ainsi que les paroles creuses, les clichés et les banalités. En même temps, nous devons nous efforcer d’étudier et de comprendre nos interlocuteurs. En s’appuyant sur des professionnels dotés d’une expertise approfondie et d’une longue expérience des régions et pays africains, dans un esprit de respect mutuel, il convient de privilégier un langage plus humain, un langage qu’ils peuvent comprendre, qu’ils sont disposés à écouter et qui peut toucher leurs esprits et leurs cœurs. Ce n’est qu’en interagissant sincèrement avec nos amis africains, en faisant preuve d’empathie et en respectant autrui, que nous pourrons réaliser une véritable diplomatie populaire, de véritables échanges humains et une communication internationale efficace ! Et c’est précisément le travail que nous devons accomplir pour construire un système de discours égalitaire. Les relations Sud-Sud ne sont pas des relations de centre à périphérie, mais des relations d’égalité ; personne n’est le maître de l’autre. Nous sommes des partenaires qui apprennent mutuellement, et les médias africains ont beaucoup à nous apprendre. Nous devons donc renforcer notre apprentissage auprès d’eux.

Quatrièmement, il faut renforcer la création de plateformes. Actuellement, le nombre de médias partenaires que la Chine a établis dans les pays africains est encore insuffisant. Les plateformes médiatiques véritablement implantées en Afrique, qui comprennent réellement les réalités sociales et l’opinion publique locales, doivent encore être développées. Nous devons créer davantage de canaux pour façonner conjointement notre discours mutuel, et ainsi fournir nos contributions intellectuelles et conceptuelles à l’émergence du Sud global et à la défense de nos intérêts communs.

Cinquièmement, il est nécessaire d’intensifier la formation des talents et de former davantage de jeunes professionnels des médias. Ces professionnels doivent venir étudier en Afrique. Lorsque nos journalistes couvrent l’actualité d’un pays donné, ils doivent impérativement en comprendre le contexte historique, le patrimoine culturel et les diverses facettes de la société. Bien entendu, l’idéal serait que nos journalistes puissent être basés en permanence dans les pays africains afin d’établir des partenariats solides avec les différentes sphères de la société locale. Je suis convaincu que ce n’est qu’au prix d’une persévérance de 10 ou 20 ans que nous parviendrons à bâtir de véritables relations de partenariat.

Je vous remercie »

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