Le vendredi 10 juillet 2026 restera une date heureuse dans l’histoire des relations entre l’Algérie et le Mali. Après quinze mois de rupture diplomatique vécue comme une véritable parenthèse regrettable par des millions de personnes des deux côtés de la frontière, les deux pays ont enfin décidé de tourner la page. C’est une décision à saluer sans réserve, tant elle était attendue, tant elle était nécessaire, et tant elle correspond à ce que l’Algérie et le Mali ont toujours été l’un pour l’autre à savoir deux nations sœurs, deux peuples frères, unis par une histoire commune bien plus forte que n’importe quelle crise passagère.
Car l’Algérie et le Mali ne sont pas deux voisins ordinaires. Ce sont deux pays liés depuis des générations par le sang, par la géographie du Sahara qui les unit plus qu’elle ne les sépare, par une histoire de solidarité qui remonte à la lutte pour l’indépendance et qui s’est perpétuée depuis à travers d’innombrables liens familiaux, culturels et humains.
Ainsi, entre Bamako et Alger, ce ne sont pas seulement deux capitales qui se parlent à nouveau, ce sont des frères, des cousins, des conjoints, des amis de toujours qui vont enfin pouvoir circuler librement entre les deux rives du Sahara, comme ils l’ont toujours fait, comme ils ont toujours eu vocation à le faire.
Une décision courageuse et lucide
Le retour de l’ambassadeur Kamal Retieb à Bamako, ordonné par Son Excellence, le président Abdelmadjid Tebboune, et celui de l’Ambassadeur malien à Alger ainsi que la réouverture totale des espaces aériens respectifs aux appareils civils et militaires traduisent une volonté commune de privilégier l’intérêt des peuples sur les crispations passées. Les deux communiqués insistent, chacun à sa manière, sur cette même idée, et il faut s’en réjouir.
En choisissant le dialogue plutôt que l’enlisement, Alger et Bamako envoient un signal fort à l’ensemble du Sahel, une région qui a cruellement besoin de coopération plutôt que de fractures. Cette normalisation ouvre la voie à une relance des échanges économiques, culturels et sécuritaires entre les deux pays, et pourrait servir d’exemple pour d’autres tensions régionales encore non résolues.
Henri S.TAPSOBA




