Le KORAG, organe de veille chargé du suivi de la mise en œuvre de la vision stratégique du Burkina Faso, a révélé, à travers un communiqué lu le 8 novembre 2025 par le capitaine Farouk Azaria Sorgho à la télévision nationale, l’existence d’un vaste réseau de corruption et de blanchiment de capitaux au sein de l’administration publique et du corps judiciaire.
Selon les informations publiées dans le communiqué n°03 du KORAG, les enquêtes ont permis de mettre au jour un réseau tentaculaire impliquant des agents des douanes et plusieurs membres du corps judiciaire.
Le rapport, fondé sur des dénonciations adressées à l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), met en évidence un système d’extorsion mis en place par certains agents, qui exigeaient des paiements illégaux auprès de transporteurs en échange du passage libre de camions pourtant en conformité avec les règles de dédouanement.
Des preuves matérielles et audiovisuelles attestant de ces pratiques ont été collectées lors des investigations menées par le parquet, notamment d’importantes sommes d’argent découvertes dans les domiciles des personnes mises en cause.
Malgré la gravité des faits et les éléments probants réunis, un non-lieu avait été prononcé en juillet 2024 par le juge d’instruction. Cette décision avait ensuite été confirmée en août 2025 par la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Ouagadougou.

Le capitaine Farouk Azaria Sorgho
Le KORAG s’est dit préoccupé par ces dysfonctionnements, soulignant des faits de corruption, de trafic d’influence et de fuites d’informations au sein même de l’appareil judiciaire.
Selon le rapport, (10) dix magistrats et un avocat seraient concernés par les investigations en cours, ce qui met en lumière la profondeur du problème de moralisation de la vie publique au Burkina Faso.
Le KORAG a annoncé que des mesures disciplinaires et judiciaires seront prises contre tous les acteurs impliqués, quel que soit leur rang ou leur fonction. « Aucun traitement de faveur ne sera accordé. Tous ceux qui ont contribué à affaiblir l’État de droit devront répondre de leurs actes », a martelé l’institution.
Le KORAG a également réaffirmé la volonté du gouvernement burkinabè de renforcer la lutte contre la corruption, considérée comme un obstacle majeur au développement national et à la confiance citoyenne envers les institutions publiques.
Dans son communiqué, l’organe de veille a appelé la population à faire preuve de discernement et de vigilance face aux tentatives de manipulation médiatique susceptibles de détourner l’opinion publique de la vérité.
Le KORAG a par ailleurs insisté sur la nécessité de soutenir les efforts de moralisation de la vie publique, afin de consolider la transparence et l’intégrité dans la gouvernance nationale. « Les auteurs de ces actes, ainsi que leurs complices, répondront de leurs agissements devant la justice, conformément à la loi », a réaffirmé le KORAG.
John Leonel KABORE




