Créée par le Parti Communiste Chinois (PCC), le 1er Août 1927, l’Armée Populaire de Libération (APL) de Chine est aujourd’hui l’une des plus grandes et puissantes forces armées au monde en termes d’effectifs, de capacités militaires ultra-modernes dans tous les domaines de la défense et de la sécurité (terrestre, naval, aérien, spatial et cybernétique), jouant un important rôle sur la scène internationale. A l’origine, appelée « l’Armée Rouge » ou « the Red Army » des ouvriers et des paysans, cette force populaire avait initialement pour objectif de protéger les bases révolutionnaires et mener la lutte armée contre les nationalistes et les envahisseurs. Sous la direction de Mao Zedong et de Zhu De, « l’Armée rouge » a intensifié sa base populaire et développé une stratégie de lutte adaptée aux vastes campagnes chinoises. Après la deuxième Guerre mondiale, suite à la victoire du Parti Communiste Chinois et la proclamation de la République Populaire de Chine le 1er Octobre 1949, elle devient la force armée officielle de l’Etat.
Au cours de ses 99 ans, l’APL a toujours défendu héroïquement le peuple chinois, prenant une part prépondérante à la guerre sino-japonaise (1937-1945), emportant une victoire historique contre les forces d’invasion japonaises. Elle a aussi joué un rôle crucial dans la guerre de Corée (1950-1953) en soutenant la Corée du Nord contre les forces étrangères dirigées par les Etats-Unis d’Amérique. A partir de 1980, la Chine engage la modernisation de l’Armée Populaire de Libération. Cette vaste modernisation transforme l’APL en une force technologiquement avancée, portant notamment sur l’aviation, les systèmes de missiles, les capacités navales, les satellites, la guerre électronique et les technologies de la communication et de l’information. En 1980, l’APL s’implique dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies. En 1988, elle rejoint le Comité spécial des opérations de maintien de la paix de l’ONU, marquant le début d’une participation plus active auxdites opérations. En 1990, elle envoie ses premiers observateurs au Moyen-Orient et déploie pour la première fois en 1992 un contingent de soldats de la paix au Cambodge dans le cadre de l’Autorité Provisoire des Nations Unies au Cambodge (APRONUC). A partir de 2013, sous la présidence de Xi Jinping, une réforme profonde est engagée pour renforcer la professionnalisation des composantes de l’APL et accroître leurs capacités à intervenir dans des opérations de toute nature, en tout lieu et en tout temps. Les Soldats Chinois de la paix ont pris part à de nombreuses missions de maintien de la paix à travers le monde, notamment au moyen Orient (Liban) en Afrique (Soudan du Sud, Mali, République Démocratique du Congo, Darfour) et dans plusieurs autres pays. Ces contingents ont rempli de nombreuses missions telles que l’ingénierie militaire, la construction d’infrastructures, le déminage, le soutien médical, le transport logistique, la protection des civils, l’assistance aux populations, etc… La Chine demeure l’un des principaux contributeurs aux missions de maintien de la paix de l’ONU en termes financières et de personnel parmi les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Dans le cadre de la célébration du 99ème Anniversaire de la fondation de l’APL, l’Ambassade de Chine au Mali a organisé le 24 juillet 2026 à Bamako, une grande réception au cours de laquelle, l’Ambassadeur de Chine M. Li Xiang a prononcé une allocution jetant la lumière sur l’APL, la fidélité de la Chine aux engagements initiaux en faveur de la sécurité universelle, de la paix mondiale, du multilatéralisme et du développement pacifique. A cet égard nous relevons que « dans son histoire, la Chine n’a jamais colonisé, ni envahi un pays dans le monde ». Aux lendemains de sa fondation, la Chine nouvelle a proposé « les cinq principes de la coexistence pacifique ». Au cours des années écoulés, elle n’a jamais provoqué de guerre, envahi un pays, ni occupé un seul pouce de terre d’un pays, ni participé à une guerre de déstabilisation ou de coup d’Etat contre un régime. « La Chine est le seul pays au monde à avoir inscrit le développement pacifique dans sa Constitution. Elle est également le seul des cinq Etats dotés d’armes nucléaires à s’engager à ne jamais utiliser en premier les armes nucléaires. Poursuivre la voie du développement pacifique est l’engagement solennel de la Chine ». Aujourd’hui et pour toujours, la Chine est attachée à la sécurité universelle. « Face aux défis sécuritaires qui se multiplient à travers le monde, le Président Chinois XI Jinping a proposé l’Initiative pour la sécurité mondiale, préconisant la vision de sécurité commune, intégrée, coopérative et durable, le respect de la souveraineté et l’intégrité territoriale de chaque pays et la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui. Elle prend en compte les préoccupations sécuritaires légitimes de chaque pays, poursuit le règlement des différends entre Etats par le dialogue et la concertation pacifiques, et prône la coordination de la sécurité traditionnelle et non traditionnelle. » La Communauté internationale a accueilli favorablement cette initiative qui a reçu le soutien de plus de 130 pays et organisations régionales et internationales. Ses concepts clés ont été intégrés dans plus de 140 documents bilatéraux et multilatéraux. La Chine nouvelle a ainsi tracé « une nouvelle voie de sécurité marquée par le dialogue, le partenariat et le gagnant-gagnant et non par la confrontation, l’alliance ou le jeu à somme nulle, apportant la sagesse et les solutions chinoises à l’amélioration de la gouvernance sécuritaire mondiale ».
Très attachée au véritable multilatéralisme, le pays défend le système international centré sur les Nations Unies et l’ordre international basé sur le droit international depuis son rétablissement à son siège légitime aux Nations Unies, il y a 55 ans. Dans le contexte des conflits internationaux, elle œuvre activement en faveur des pourparlers de paix. A cet égard, elle a lancé le « Groupe des amis pour la paix » dans le cadre de la résolution de la crise en Ukraine. Face aux problèmes du développement mondial, le Président Chinois Xi Jinping a avancé l »’Initiative pour le développement mondial ». Ladite Initiative on a mobilisé « plus de 23 milliards de dollars américains, mené plus de 1 800 projets de coopération, organisé plus de 10 000 sessions de renforcement des capacités destinées aux pays en développement et formé plus de 200 000 talents de divers profils ». Au moment où le multilatéralisme est confronté à des difficultés multidimensionnelles, « la Chine remplit scrupuleusement ses obligations financières en tant que deuxième contributeur financier des Nations Unies ». Premier pourvoyeur de Casques bleus parmi les membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la Chine soutient les opérations de maintien de la paix des Nations Unies en envoyant plus de 50 000 Casques bleus dans plus de 20 pays et régions du monde, apportant ainsi davantage de confiance et d’espoir pour la paix et la stabilité dans le monde.
Dans son intervention, le Ministre délégué auprès du Ministre de la Défense du Mali a souligné l’importance des appuis multiformes que la Chine accorde aux forces armées de défense et de sécurité maliennes depuis 1960, date de l’accession à l’indépendance et à la souveraineté internationale de la République du Mali. La coopération pragmatique entre le Mali et la Chine dans les domaines de la défense et de la sécuritaire demeure exemplaires avec des résultats probants. La chinoise entend « continuer à accompagner le Mali dans la consolidation de ses capacités de défense nationale, à soutenir fermement le Mali dans la recherche de la voie de modernisation adaptée à ses conditions nationales ». Ensemble le Mali et la Chine œuvrent pour maintenir à son plus haut niveau, le partenariat stratégique Sino-malien aux bénéfices des deux peuples. /.
Prof. Yoro DIALLO
Chercheur Principal / Directeur du Centre d’Etudes Francophones
Directeur du Musée Africain et du Musée des Echanges Chine-Afrique
Winner of the 2024 Chinese Government Friendship Award
Institute of African Studies, Zhejiang Normal University
Jinhua, CHINA




