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5e Rencontre gouvernement/secteur privé: « c’est devenu une simple coutume où on part pour remplir des formalités »,Salif Konseiga


Salif Konseiga, président communal de la jeunesse de Komsilga appelle les acteurs des petites et moyennes entreprises à faire preuve de résilience dans le contexte sécuritaire actuel

Nous avons rencontré Salif Konseiga, commerçant et président de la jeunesse communale de Komsilga  dans le cadre d’un entretien le 4 juillet 2023 à Ouagadougou. Avec lui, il s’est agi d’échanger sur la question de l’économie dans un contexte sécuritaire difficile au Burkina Faso. Il livre son analyse sur la 5e rencontre gouvernement secteur privé qui s’est tenue à Bobo Dioulasso. Pour cet acteur qui intervient également dans le secteur des transports et logistiques, ces genres de rencontres sont certes utiles mais il est à déplorer que les résultats ne sont pas appliqués pour une amélioration des affaires au Burkina notamment pour une meilleure prise en compte des acteurs des petites et moyennes entreprises. Lisez plutôt !

J’ai suivi cette actualité avec beaucoup d’intérêt. Il faut dire que j’ai déjà eu à prendre part à la rencontre de 2018 entre le secteur privé et le gouvernement. C’est une initiative noble que de tenir une telle rencontre. Cette année, je n’ai pas pu prendre part à la 5e rencontre.  Ce qu’il faut déplorer c’est le fait que c’est devenu une simple coutume où on part pour remplir des formalités parce que les rencontres qui se sont tenues de par le passé n’ont pas pu apporter un changement conséquent dans le monde des affaires au Burkina Faso. Tout ceci parce que les recommandations qui y ressortent sont léguées dans les tiroirs et surtout que ces rencontres sont devenues comme une boite à résonnance du dialogue entre le patronat et le gouvernement sans véritablement prendre en compte les majorités des acteurs qui sont dans les petites et moyennes entreprises.  Lorsque les décisions ressortent de ces rencontres, à l’application, nous nous rendons compte qu’elles ne sont pas favorables aux petites et moyennes entreprises dont les voix ne sont pas prises en compte. Nous pointons un doigt sur la Chambre de commerce qui devrait mieux organiser ces genres de rencontres. Les décisions qui sont prises à l’issue des rencontres gouvernement secteur privé sont de bonnes décisions qui restent lettres mortes parce qu’elles sont uniquement sur papier rangés dans les tiroirs. Les acteurs du secteur informel qui sont pourtant majoritaires ne sont pas pris en compte lors de ces rencontres d’envergure.  Je pense que les commerçants sont à féliciter parce que ce sont des bras valides qui se battent en dépit des difficultés sécuritaires pour mener à bien leur travail et par ricochet faire tourner l’économie.

Que voulez-vous dire ?  La grande majorité des acteurs du commerce n’est pas prise en compte au cours de ces rencontres ?

C’est cela. Lorsqu’on participe à ces rencontres on se rend compte que les acteurs des petites et moyennes entreprises n’ont pas droit à la parole. Ce sont les grands opérateurs économiques qui parlent et décident en lieu et place de la grande majorité. Nous avons souvent l’impression que ce sont des rencontres préparées pour faire passer des messages comme une lettre à la poste sans véritable impact sur l’activité commerciale. Les jeunes commerçants n’ont pas l’occasion de prendre la parole pour exposer leurs préoccupations. Pourtant c’est la chambre de commerce qui devrait procéder à l’organisation de ces rencontres en amont avec les véritables acteurs.

Les acteurs des petites et moyennes entreprises sont –elles bien organisées pour être des groupes de pression en vue de faire prendre en compte leurs préoccupations ?

Nous sommes bien organisés à travers des structures. Lorsque les acteurs se rendent compte qu’il faut laisser ses occupations quotidiennes pour prendre part à des rencontres où il n’est possible d’avoir droit à la parole, le choix est clair de vaquer à ses occupations afin d’obtenir sa pitance quotidienne.

Qu’est ce qui doit être fait pour régler le tir ?

Il appartient à la Chambre de commerce de mettre les élus consulaires à concours pour sensibiliser davantage et surtout de bien organiser les petites et moyennes entreprises sur l’ensemble du territoire national en prenant en compte leurs préoccupations. Souvent on se demande quel est le bilan que présente les élus consulaires à l’issue de leur mandat quant aux préoccupations des acteurs des petites et moyennes entreprises. Les élus consulaires présents sur l’ensemble du territoire national présentent t- ils des rapports de fin de mandat où ils codifient les préoccupations des acteurs des petites et moyennes entreprises à résoudre ? Il appartient à la Chambre de commerce de répertorier les difficultés et d’y apporter des solutions idoines. Si ce travail préalable n’est pas bien fait, il est difficile de trouver des solutions à des rencontres de grande envergure comme celle du gouvernement/secteur privé. Le ministère du Commerce forme, appuie et encadre des acteurs du secteur informel mais, le ministère peut accentuer ses efforts pour atteindre des résultats probants au niveau de la catégories petites et moyennes entreprises qui regorgent plus d’acteurs. C’est en cela qu’il y aura un impact  sur l’économie nationale. Quant à la Chambre de commerce, elle doit être encore plus dynamisée.  Après les élections consulaires, on ne voit plus les acteurs de la chambre du commerce travailler sur le terrain de façon farouche.  Pourtant chaque élu consulaire pouvait organiser des rencontres de formation, de sensibilisation et d’encadrement au profit des acteurs des petites et moyennes entreprises de sa localité d’origine.

Dans le contexte sécuritaire actuel que peuvent faire les acteurs des petites et moyennes entreprises pour une relance de l’économie nationale ?

Nous encourageons et soutenons les actions de sécurisation de notre territoire par les FDS et nos VDP. Les acteurs du commerce ressentent à plus d’un titre les retombées fâcheuses de la crise sécuritaire. Par exemple aujourd’hui, il est difficile pour un commerçant d’aller partout où il veut pour mener son travail. Néanmoins, nous faisons preuve d’abnégation sans baisser les bras. Avec l’avènement des déplacés internes, il n’y a plus de commerce dans plusieurs localités. Le commerce est tombé en désuétude. Pourtant, il est difficile de vendre entre commerçants. Ce sont les fonctionnaires qui sont dans nos villes alors que certains d’’entre eux sont des commerçants à des travers des entreprises créées comme des prête-nom pour leurs épouses, les membres de leurs familles. Nous contribuons à la sensibilisation autour de nous en vue d’encourager les jeunes à se faire enrôler comme volontaire de la défense de la patrie. Nous Sensibilisons pour que les jeunes ne se fassent pas enrôler du côté des forces du mal. Cela est aussi notre manière d’accompagner nos autorités de la Transition sans compter le fait qu’il y a beaucoup de commerçants qui sont enrôlés VDP.

Quel appel vous lancez pour conclure notre entretien ?

Je lance surtout mon appel à l’endroit des acteurs des petites et moyennes entreprises en les encourageant à être résilients face à la situation sécuritaire. Chacun doit pouvoir s’adapter et travailler à aider nos FDS et nos VDP. C’est le moment de faire preuve de solidarité et d’entraide envers les déplacés internes. Nos exhortations vont à l’endroit de l’ensemble de nos FDS et VDP qui œuvrent de jour comme de nuit au prix de leur vie pour la sécurité nationale. Nos condoléances aux familles endeuillées, nos vœux de prompt rétablissement aux blessés des affres du terrorisme et que Dieu veille sur les veuves et orphelins engendrées par la situation.

Par Honoré Somborignan

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