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Franc CFA: entre réflexions intellectualistes et engagements citoyens


Le Franc des Colonies françaises d’Afrique (F CFA) est la devise officielle des huit Etats membres de l’Union économique et monétaire Ouest africaine (UEMOA) et des sept autres de l’Afrique centrale. Une monnaie amarrée à l’euro, avec la garantie du trésor français. En échange, les pays de la zone CFA doivent déposer auprès du trésor français une part importante (50%) de leurs réserves de change. L’UEMOA a été instituée en 1994 par certains pays de l’Afrique de l’Ouest que sont le Burkina Faso, le Benin, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali, le Niger, la guinée Bissau et le Togo sous l’autorité de la France. Cette Union a pour principal objectif la réalisation de l‘intégration économique des Etats membres, à travers la recherche de la convergence des économies de la zone, le renforcement de la compétitivité des activités économiques. Malheureusement, après 57 ans d’indépendance, les pays membres de l’UEMOA sont confrontés à des difficultés d’ordre économique. Sur les 8 pays membres, la Côte D’Ivoire a 40% des réserves de change de la zone UEMOA, le Sénégal 20% et les autres les 40% restants. Ce bilan n’est pas rassurant. Leur monnaie, le franc CFA serait à l’origine de ce retard. Comme l’a affirmé Jacques Rueff: «la monnaie est le terrain où se jouent à la fois l’avenir du développement économique et le sort de la liberté politique». Partant de ce postulat, Il est indéniable que la zone franc échoue à atteindre ces deux objectifs, compte tenu du fait que ses Etats membres n’ont pas les mains libres pour décider de leurs politiques économiques et monétaires. Pour se défaire du joug, certains estiment qu’il est temps pour ces pays de se déconnecter du franc CFA, si véritablement ils veulent prendre leur envol économique. De fait, la monnaie est un élément de souveraineté. Car, ces pays regorgent aujourd’hui des compétences suffisantes pour gérer une monnaie. Pour les souverainistes, il faut donc en finir avec le franc CFA. Le développement en sera plus accéléré. Les exemples du Nigeria, du Ghana, de la Sierra Leone et de la Gambie, que Dr Zouré qualifie de«pays très bien gérés», en sont une preuve palpable.

Cependant, pour d’autres le problème n’est pas simple. Pour Pr Mahamoudou Diarra, de l’université de Koudougou,« les pays membres de l’UEMOA ne sont pas encore aptes à gérer leur propre monnaie. En fait, pour lui il faut d’abord procéder à des reformes en matières de pratique de politique budgétaire, d’inflation, de production de biens publics. Il faut forcément une convergence nominale».Pierre Claver Damiba, macro-économiste partage la même idée. A ce propos,«la remise en cause de l’UEMOA sera une catastrophe pour les pays membres», prévient-il.

Rachidatou OUATTARA / Stagiaire

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