.
.

L'actualité, en toute intégrité

.

Zéro tarif et opportunités partagées: la Chine ouvre son marché à l’Afrique

Opinions: La résilience face aux rumeurs : le chemin vers la guérison à Hong Kong


(Note de l’éditeur : Fu Haizheng, commentateur spécial pour CGTN, est doyen exécutif de l’Institut pour la communication sans barrières de l’Université de communication de Chine. Cet article représente le point de vue de l’auteur Fu Haizheng et pas nécessairement celui de CGTN.)

L’incendie dévastateur qui a récemment frappé un immeuble résidentiel à Hong Kong était avant tout une tragédie humaine. Des vies ont été perdues, des familles ont été brisées et une communauté a été plongée dans le deuil. Dans toute société, un tel événement appelle à l’unité, à la compassion et à une réflexion sérieuse, et non au sensationnalisme.

Pourtant, avant même que les efforts de reconstruction aient véritablement commencé, certaines déclarations extérieures ont choisi de se saisir de cet événement douloureux pour mettre en avant des discours politiques préétablis. Il ne s’agit pas là d’un suivi responsable. Il s’agit d’une manipulation narrative qui ignore la complexité, manque de respect vis-à-vis de la souffrance des survivants et mine les efforts sincères déployés pour répondre à la situation.

La frontière entre examen minutieux et diffamation 

L’examen minutieux par le public est un élément essentiel de la gouvernance. Il est à la fois naturel et nécessaire de poser des questions difficiles à la suite d’une catastrophe : les normes de sécurité ont-elles été respectées ? Des signes avant-coureurs ont-ils été ignorés ? Comment réduire les risques à l’avenir ?

Le gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong (RASHK) n’a pas éludé ces questions. Les institutions ont lancé des examens et se sont engagées à prendre des mesures de suivi. Les citoyens, les médias et la société civile ont tous exigé la transparence et la responsabilité, à juste titre.

Mais lorsque la critique se transforme en condamnation générale, lorsque les commentaires ne s’appuient pas sur des faits mais sur des conclusions préétablies, il ne s’agit plus d’un examen minutieux. Cela devient une forme d’opportunisme rhétorique. Dans ce cas précis, ce qui aurait dû être un moment de deuil collectif et de solidarité a été, dans certains discours, réduit à un moyen supplémentaire de renforcer les préjugés de longue date sur la gouvernance de Hong Kong et le principe « un État, deux systèmes ».

Le préjudice causé par les affirmations non vérifiées 

Parallèlement à ces commentaires, des affirmations non vérifiées et des spéculations ont gagné du terrain dans les espaces en ligne. Ces récits, souvent déconnectés des faits, risquent d’aggraver la douleur plutôt que de l’atténuer. Pour les survivants et les intervenants de première ligne – pompiers, personnel médical, personnel des services sociaux, bénévoles – être considérés comme des pions dans un système cynique aggrave le traumatisme causé par l’événement lui-même.

Les appels à la responsabilité ne doivent pas se faire au détriment de l’exactitude. Exiger la clarté des politiques est une chose. Amplifier des demi-vérités qui déforment les efforts en cours et induisent en erreur le public mondial en est une autre. En temps de crise, les mots peuvent aider les communautés à guérir, mais ils peuvent aussi leur nuire. Ils doivent donc être choisis avec soin.

Une image plus large de la solidarité 

Au-delà du bruit, une autre histoire s’est déroulée à Hong Kong, une histoire plus discrète de résilience. Les équipes d’urgence ont réagi rapidement. Les organisations communautaires et les citoyens se sont mobilisés pour soutenir les familles déplacées. Des abris temporaires ont été ouverts, des conseils ont été prodigués et des produits de première nécessité ont été distribués. De nombreux citoyens de Hong Kong, quelle que soit leur origine, se sont mobilisés pour offrir leur aide.

Ces actions reflètent un tissu social qui reste intact. Elles nous rappellent que, malgré le chagrin, la solidarité perdure, non seulement parmi les responsables et les institutions, mais aussi parmi les citoyens ordinaires. La capacité de Hong Kong à s’unir dans l’adversité n’est pas un slogan. Elle est visible, tangible et réelle.

La valeur de la réponse institutionnelle 

La réponse institutionnelle est importante. Sous pression et sous le regard attentif de l’opinion publique, le gouvernement de la RASHK a pris des mesures pour répondre aux besoins urgents tout en jetant les bases de solutions à plus long terme. Des mécanismes d’examen et de responsabilité ont été mis en place. Des mesures d’aide ont été déployées dans toutes les agences.

Il est essentiel de noter que tout cela se déroule dans le cadre constitutionnel « un État, deux systèmes ». Ce modèle n’est pas seulement un arrangement politique ; il permet à Hong Kong de gérer ses affaires avec un haut degré d’autonomie tout en bénéficiant du soutien du cadre national plus large lorsque cela est nécessaire. En temps de crise, ce cadre favorise à la fois une réponse rapide et une reprise durable.

Un appel à des commentaires responsables 

Il est légitime d’observer, d’analyser et même de critiquer la gouvernance de Hong Kong. Mais il n’est pas légitime d’utiliser la souffrance humaine comme arme à des fins rhétoriques. Les commentaires partant d’hypothèses et finissant par les réaffirmer, indépendamment de la réalité, sont intellectuellement malhonnêtes et éthiquement discutables.

Les commentaires internationaux responsables doivent partir des faits, refléter la situation dans son ensemble et rester fondés sur l’empathie. Cela signifie reconnaître à la fois ce qui n’a pas fonctionné et ce qui a été fait correctement. Cela signifie reconnaître la douleur, mais aussi les progrès accomplis.

Laissons Hong Kong respirer

L’enjeu dépasse la simple image de Hong Kong. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est d’espace : pour que les survivants puissent se remettre, pour que les institutions corrigent leurs lacunes et pour que la société puisse réfléchir et se reconstruire.

Laissons Hong Kong faire son deuil. Laissons-la se reconstruire. Laissons-la le faire dans la vérité, non pas dans l’ombre des rumeurs, mais dans la force de la résilience.

N’oublions pas que Hong Kong n’est pas seulement un symbole dans le discours international, c’est une ville vivante, qui respire, où vivent plus de sept millions de personnes qui font face à des défis, s’adaptent et persévèrent. Dans des moments comme celui-ci, ce dont la ville a besoin, ce n’est pas de condescendance déguisée en préoccupation, ni de récits imposés de loin, mais d’une solidarité fondée sur la vérité et le respect.

Que ceux qui observent le fassent honnêtement. Que ceux qui s’expriment le fassent de manière responsable. Et surtout, que Hong Kong soit vue pour ce qu’elle est : non pas un sujet passif de commentaires sans fin, mais une société résiliente déterminée à guérir, à apprendre et à aller de l’avant, selon ses propres conditions et avec une force tranquille qui mérite d’être reconnue, et non déformée.

(Photos : VCG)

Share Button

Avis

  • Total Score 0%
User rating: 0.00% ( 0
votes )



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *