La communauté internationale doit parer à la résurgence du militarisme japonais
Les récents propos provocateurs de la Première ministre japonaise laissant entendre la possibilité d’une intervention militaire dans la question de Taiwan, ont suscité une riposte avec vigueur de la part du gouvernement chinois.
Cette année marque le 80e anniversaire de la victoire de la Guerre de résistance du peuple chinois contre l’agression japonaise et de la Guerre mondiale antifasciste. Les propos de Mme Takaichi nient directement les acquis de cette victoire, remettent en cause l’ordre international et sapent la conscience morale. Cela rend la riposte de la Chine appropriée et pleinement justifiée.
Cette riposte ne sert pas seulement à sauvegarder sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale, mais aussi à préserver l’ordre d’après-guerre et la paix régionale. Il s’agit ainsi d’un avertissement solennel à la résurgence du militarisme japonais.
Profondément, cette sortie de Mme Takaichi n’était pas un accident, mais plutôt la conséquence logique des tentatives successives des forces de droite japonaises visant à se libérer des contraintes de la constitution pacifiste dans leur quête du statut de superpuissance militaire.
Depuis longtemps, les propos et les actes de Mme Takaichi ont été marqués par des tendances révisionnistes nettes, qu’il s’agit de préconiser la suppression de l’article 9 de la constitution pacifiste japonaise, de promouvoir la conversion des Forces d’autodéfense en une « armée de défense nationale », de faire des visites fréquentes au sanctuaire très controversé Yasukuni ou de dénier des faits historiques liés à la guerre d’agression déclenchée par le Japon, tels que l’existence des « femmes de réconfort ».
Depuis un certain temps, le révisionnisme historique n’a cessé de gagner du terrain au Japon. Ce mouvement cherche activement à décharger le Japon de ses crimes d’agression et à le débarrasser du stigmate d’une nation vaincue. Actuellement, cette tendance gagne en popularité au sein de la société japonaise, alimentant la résurgence du militarisme.
En juillet dernier, le Parti libéral-démocrate, le parti de Mme Takaichi, a formé une alliance avec le Parti japonais de l’innovation, un parti d’extrême droite. Leur accord de gouvernement proposait explicitement de « réviser la constitution dans un délai de deux ans » afin de supprimer la clause de non-guerre de l’article 9 de la Constitution pacifiste et d’introduire une « clause de situations d’urgence », ouvrant ainsi la voie à la « normalisation militaire » du Japon.
Depuis la formation de son cabinet, Mme Takaichi poursuit sans relâche un programme politique aventureux sur trois fronts : la révision constitutionnelle, l’expansion militaire et le renforcement des armements.
Sur le plan de la révision constitutionnelle, une stratégie en trois étapes est mise en œuvre : premièrement, introduire une « clause de situations d’urgence » ; deuxièmement, clarifier les responsabilités des Forces d’autodéfense ; et enfin, supprimer la clause de non-guerre. Cette approche vise à réduire la résistance de l’opinion publique et à légitimer les opérations militaires.
S’agissant de l’expansion militaire, Mme Takaichi envisage de réviser les trois documents relatifs à la sécurité d’ici à 2026 et de porter les dépenses de défense à 2 % du PIB au cours de l’exercice de 2025, l’objectif initialement prévu pour l’exercice 2027. La demande de budget de défense pour l’exercice 2026 s’élève à 8 850 milliards de yens, soit une augmentation pour la 14e année consécutive.
Par ailleurs, le développement de sous-marins à propulsion nucléaire est désormais un maillon clé du renforcement militaire du Japon. Selon les médias japonais, le pays possède actuellement 47 tonnes de plutonium séparé, soit suffisamment pour fabriquer des centaines d’ogives nucléaires. Mme Takaichi prévoit de modifier des lois fondamentales telles que celle sur l’énergie atomique et de « réexaminer les trois principes non nucléaires ».
En outre, le Parti libéral démocrate et le Parti japonais de l’innovation ont récemment exprimé leur intention de discuter, d’ici à la fin de cette année, de la suppression des mesures restreignant les exportations d’armes japonaises. Cela permettrait d’exporter directement les armes létales produites au Japon vers les pays concernés, établissant ainsi un réseau régional de coopération militaire.
Ces mouvements dangereux ont suscité de nombreuses critiques de la part des pays voisins. Les paroles et les actions provocatrices de Mme Takaichi ont suscité des protestations et des condamnations unanimes de la part de plusieurs pays voisins, ce qui est rare depuis la fin de la guerre froide. Cela démontre que le Japon est devenu une source majeure de risque qui compromet la paix en Asie de l’Est.
Actuellement, de nombreuses régions du monde font face à la guerre et aux troubles, ce qui rend la paix durable en Asie de l’Est d’autant plus précieuse. Dans ce sens, le Japon doit honorer ses engagements et poursuivre la voie du développement pacifique. La communauté internationale doit veiller à ce que le militarisme japonais ne refasse jamais surface et que la paix et la stabilité mondiales ne soient plus jamais compromises.






