La Mission agricole chinoise a procédé, le jeudi 30 octobre 2025, à la récolte du riz hybride chinois sur le site pilote de Kouzoughin, dans la région du Kadiogo. Cette activité s’inscrit dans la continuité des initiatives menées à Nariou, où une première moisson de riz hybride a eu lieu cinq jours plus tôt, le samedi 25 octobre 2025. Sous la direction de M. Yuzhou Hu, chef de la Mission agricole chinoise, cette journée a mis en lumière les résultats remarquables de la coopération agricole entre la Chine et le Burkina Faso.
Cette activité s’inscrit dans la continuité de la récolte à Nariou, autre site pilote soutenu par la mission agricole chinoise. Ensemble, les (02) deux sites représentent 95 hectares emblavés, soit 50 hectares à Nariou et 45 hectares à Kouzoughin, cultivés avec la variété de riz hybride WDR73, issue de la recherche agronomique chinoise.
Pour Yuzhou Hu, chef de la Mission agricole chinoise, les résultats observés à Kouzoughin et Nariou constituent une preuve tangible de la solidité de la coopération bilatérale. « Le succès de cette récolte confirme que la collaboration agricole sino-burkinabè est sur la bonne voie. Ensemble, nous construisons les bases d’une agriculture moderne et productive », a-t-il déclaré.

Bertille Kombasséré/Dombwa, cheffe de l’Unité d’Appui Technique Agricole (UATA) de Kouzoughin
Pour Madame Bertille Kombasséré/Dombwa, cheffe de l’Unité d’Appui Technique Agricole (UATA) de Kouzoughin, cette récolte du riz hybride illustre la vision globale portée par la Mission agricole chinoise qui est de renforcer les capacités locales et promouvoir une agriculture moderne et durable.
Elle a tenu surtout à saluer l’appui multiforme des partenaires chinois : « La mission agricole chinoise ne se limite pas à la riziculture. Elle soutient aussi les producteurs à travers la distribution de semences de qualité, la dotation en engrais et intrants agricoles, et la promotion de la pisciculture, qui favorise la biodiversité et l’autonomie paysanne ».

Nazé Boureima Traoré, point focal de la coopération chinoise au ministère de l’Agriculture
Selon Nazé Boureima Traoré, point focal de la coopération chinoise au ministère de l’Agriculture, les résultats préliminaires sont très encourageants. « Nous enregistrons un rendement moyen estimé à environ 10 tonnes par hectare, ce qui dépasse largement les moyennes obtenues avec les variétés locales. Ces résultats témoignent de la pertinence de cette coopération et de la qualité du savoir-faire chinois en matière d’innovation agricole », a-t-il déclaré.
Au-delà de ces deux sites, la mission agricole chinoise accompagne également la mise en valeur de 400 hectares de bas-fonds répartis à travers le pays, à travers l’introduction d’autres variétés performantes comme le TS2 et l’Orylux.
Toutefois, cette expérimentation n’a pas été sans défis. Les premiers mois ont été marqués par une réticence des producteurs à adopter la nouvelle variété, perçue comme risquée par rapport à leurs semences traditionnelles. À cela s’ajoutaient des difficultés d’irrigation au lancement de la campagne.
Au démarrage du projet, certains producteurs restaient prudents face à l’introduction du riz hybride. Les inquiétudes portaient sur l’adaptation de la variété au climat local et sur le coût de production. Mais les résultats visibles sur le terrain ont fini par les convaincre.

Ousmane Ilboudo, riziculteur à Kouzoughin
« Au départ, nous étions un peu hésitants à changer nos variétés locales. Mais quand on voit la taille des épis et la quantité récoltée, on comprend que c’est une vraie opportunité pour nous. » confie Ousmane Ilboudo, riziculteur à Kouzoughin et président de la coopérative Raata-Touma.

Nadège Zoungrana, une productrice à Kouzoughin
« Le riz hybride pousse vite, les épis sont bien remplis, et les rendements sont impressionnants. Nous espérons que cette variété sera bientôt disponible pour tous les agriculteurs. », ajoute pour sa part Nadège Zoungrana, une productrice du même village.
Les récoltes de Nariou et de Kouzoughin viennent confirmer les avancées notables de la coopération sino-burkinabè dans le secteur agricole. Une coopération qui, au-delà des statistiques, nourrit de réels espoirs pour les producteurs locaux et pour l’avenir de la sécurité alimentaire au Burkina Faso.
John Leonel KABORE
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