Sous un soleil radieux et dans une atmosphère empreinte d’espoir, la plaine rizicole de Nariou, dans la région de Nando, a servi de cadre, ce samedi 25 octobre 2025, au lancement officiel de la récolte du riz hybride. Cette initiative pilote, conduite par la Mission agricole chinoise, s’inscrit dans le renforcement de la coopération sino-burkinabè en matière de développement agricole.
Le projet vise à promouvoir des techniques agricoles innovantes afin d’améliorer durablement la productivité rizicole du pays. Sur le site de Nariou, la culture du riz hybride chinois de variété WDR73 couvre une superficie de cinquante hectares.
Pour Yuzhou Hu, chef de la Mission agricole chinoise au Burkina Faso, cette récolte symbolise l’engagement partagé des deux pays pour moderniser le secteur agricole burkinabè.
« Le riz hybride chinois s’adapte parfaitement aux conditions climatiques locales. Ce projet prouve que la coopération sino-burkinabè ne se limite pas aux discours, elle se matérialise dans les champs, au service des populations », a-t-il déclaré avec satisfaction.
Présent lors de la cérémonie, Antoine Zorma, directeur régional de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques de Nando, s’est félicité des résultats obtenus. Selon lui, les essais réalisés avec les semences hybrides venues de Chine se révèlent extrêmement prometteurs. « Les semences chinoises testées ici à Nariou ont démontré un potentiel exceptionnel. Nous observons une maturité homogène, des panicules bien remplies et un potentiel de production nettement supérieur aux variétés locales », a-t-il indiqué.

Antoine Zorma, Directeur Régional de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques de Nando
Le Directeur Régional a salué la qualité du partenariat entre les experts agricoles chinois et les agriculteurs burkinabè. « Ce succès est le fruit d’un travail collectif, d’une discipline technique et d’un partage d’expériences enrichissant », a-t-il ajouté, avant d’adresser ses félicitations à l’ensemble des acteurs impliqués..
Issa Kabore, chef de service de l’Agriculture de Sabou et chargé du suivi technique du périmètre rizicole, a confirmé que le riz hybride se distingue nettement des variétés locales qu’on cultivait précédemment.

Issa Kabore, chef de service de l’Agriculture de Sabou et chargé du suivi technique du périmètre rizicole
« La journée d’aujourd’hui marque le lancement de la récolte du riz hybride, arrivé à maturité. L’objectif aujourd’hui est d’évaluer théoriquement le rendement par la coupe et la pesée d’un mètre carré. Nous sommes très satisfaits des résultats préliminaires, avec une moyenne de 246 grains par panicule (certains allant jusqu’à 300), ce qui laisse présager un rendement moyen de plus de 10 tonnes à l’hectare. Alors que le riz local comptait souvent 120 à 130 grains par panicule, le riz hybride en affiche une moyenne de 246, et jusqu’à 360 pour certains. Cette supériorité en fait une variété plus bénéfique et à haut rendement, destinée à la consommation. » a-t-il précisé.

Khadija Kiemdé, Secrétaire Générale Adjointe de la Coopérative Sougr Nooma
Les agriculteurs partagent la même fierté. Khadija Kiemdé, femme très engagée dans la riziculture à Nariou, confie que cette saison marque un tournant dans la pratique agricole. « C’est la première fois que je vois un riz pousser aussi vite et avec autant d’épis bien formés. Si les rendements annoncés se confirment, cela changera notre manière de faire, notre vie et celle de nos familles », témoigne-t-elle avec émotion.

Salam Tinga Kiendrébéogo producteur et président de la Coopérative Sougr Nooma
Un autre producteur, Salam Tinga Kiendrébéogo, abonde dans le même sens : « Nous avons beaucoup appris des techniciens chinois. Leur méthode de repiquage et d’irrigation est très efficace. Nous espérons que cette collaboration va se poursuivre pour permettre à d’autres villages d’en bénéficier. Nous souhaitons aussi qu’on nous disponibilise les semences de la variété WDR73 le plus tôt possible pour qu’on puisse profiter des pluies ».
Les résultats enregistrés à Nariou ouvrent donc de nouvelles perspectives pour l’extension de la culture du riz hybride dans d’autres régions du Burkina Faso. En attendant la consolidation des chiffres définitifs des rendements, l’expérience de Nariou s’impose déjà comme un modèle de coopération agricole réussie, combinant expertise chinoise et engagement paysan burkinabè et orientée vers l’objectif commun d’autosuffisance alimentaire.
John Leonel KABORE






