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Reprise des cours au Burkina: les syndicats de l’éducation donnent leur accord de principe pour sauver l’année scolaire


Sur les bancs de l'école au Burkina FasoAu regard de l’évolution actuelle du covid-19 au Burkina Faso, un groupe de  17 syndicats de l’éducation nationale se dit favorable à la reprise des activités administratives et pédagogiques pour sauver l’année scolaire. Toutefois, ces syndicats ne cautionneront pas une reprise suicidaire, ont-ils rappelé,. Lisez plutôt l’intégralité de leur message assorti de recommandations fortes au gouvernement, parvenu à notre Rédaction.

MESSAGE DE REPRISE DES ACTIVITES PEDAGOGIQUES

Camarades militantes, militants, sympathisantes et sympathisants

L’application de l’Impôt Unique sur les Traitements et Salaire (IUTS) sur les indemnités et primes des travailleurs du public en fin février 2020 a suscité la colère et l’indignation des travailleurs. Dans un élan syndical, notre regroupement avait lancé un mot d’ordre de boycott d’une série d’activités à partir du 2 mars 2020 et une grève de soixante-douze (72) heures allant du 18 au 20 mars 2020 pour exiger :

  • L’annulation de l’application de l’IUTS sur les primes et indemnités des travailleurs ;
  • Le remboursement des sommes déjà prélevées ;
  • L’apurement de la dette sociale
  • Le respect des engagements pris avec les syndicats.

En réaction à ces activités de lutte, le gouvernement a répondu par des retenues sur salaire ou une coupure ou une suspension de salaire de plus de sept-cent (700) travailleurs du public. La lutte qui aurait pu s’endurcir a été malheureusement surclassée par l’apparition, le 9 mars 2020, du COVID-19 sur le sol burkinabè. Le combat contre cette pandémie qui paralyse et met en mal depuis lors tous les secteurs vitaux de notre pays (éducation, santé, économie, transport, religion, …) requérait et requiert encore une unicité des forces de tous les citoyens. C’est l’occasion pour nous de saluer une fois de plus le courage, la détermination, voire le sacrifice des agents de santé qui se battent inlassablement contre ce virus.

Au regard de cette nouvelle donne, nous avons décidé, en toute responsabilité, de suspendre le mot d’ordre de boycott des activités pour compter du 30 mars 2020 à 00 heure tout en recommandant au gouvernement de prendre les mesures suivantes pour apaiser le climat social et soutenir les couches défavorisées durement impactées dans le cadre de la riposte contre la pandémie:

  • le rétablissement sans délai des salaires des fonctionnaires ayant subi une suspension inexplicable de salaire pour fait de grève et le remboursement des sommes déjà coupées ;
  • la poursuite de l’apurement de la dette sociale ;
  • la baisse des prix des produits de première nécessité ;
  • le contrôle des prix des produits dont la flambée est inquiétante ;
  • la disponibilisation à des prix raisonnables de gel hydro-alcoolisé, de savon, de masques ;
  • l’équipement conséquent des agents de santé hautement exposés au virus de par leur fonction ;
  • la création de magasins de vivres (banques de céréales) pour venir en aide aux personnes vulnérables ;
  • la distribution gratuite d’eau et d’électricité durant la période de confinement.

À ce jour, bon nombre de ces recommandations sont mises en œuvre par le gouvernement. Il s’agit notamment de/du :

  • rétablissement des salaires suspendus avec rappel du salaire du mois de mars même si quelques cas résiduels existent (et nous travaillons au rétablissement complet et exhaustif de tous les salaires);
  • la poursuite de l’apurement de la dette sociale ;
  • la création de magasins de vivres (banques de céréales) pour venir en aide aux personnes vulnérables ;
  • la distribution gratuite d’eau et d’électricité aux ménages vulnérables et la baisse des prix de ces produits pour les ménages moyens.

Militantes, militants, sympathisantes et sympathisants, en vue de sauver l’année scolaire à l’heure où plane le spectre d’une année blanche aux conséquences dramatiques pour les élèves, les parents, l’administration scolaire et la nation entière, le gouvernement entend réouvrir les classes à partir du 4 mai 2020 en commençant par une reprise administrative. À ce niveau nous notons avec satisfaction la prise en compte de plusieurs de nos propositions en date du 13 avril 2020 dont entre autres :

  • l’ouverture progressive des classes en commençant par les classes d’examen ;
  • la perspective de dérogation en vue de valider les deux trimestres des classes intermédiaires ;
  • la mise en place de mesures barrières pour éviter la propagation du virus (la distribution gratuite de masques de protections et de savon aux élèves, aux enseignants et au personnel administratif dans les établissements).

Par la présente, nos organisations syndicales marquent leur accord de principe pour la reprise des classes. Toutes les activités pédagogiques et administratives peuvent donc reprendre normalement. Toutefois, nous ne saurons cautionner une reprise suicidaire. Pour ce faire, nous recommandons :

  • la mise à disposition des masques et du savon dès le premier jour de la reprise des cours ;
  • l’accompagnement du gouvernement pour l’installation de dispositifs de lave-mains, surtout dans les localités touchées par le virus ;
  • la surveillance rigoureuse de l’évolution du virus sur toute l’étendue du territoire et surtout en milieu scolaire en vue de prendre toutes les mesures qui s’imposeraient.

Nous sommes rejoints dans cette dynamique par deux syndicats frères qui partagent entièrement nos prises de position et notre vision du rôle et de la responsabilité des structures syndicales. Il s’agit du Syndicat National desProfessionnels d’Orientation scolaire et professionnelle du Burkina (SYNAPOSPB) et du Syndicat National des Personnels des Enseignements Préscolaire, primaire et du post-Primaire (SYNAPEP-B) à qui nous souhaitons la bienvenue dans le groupe.

Camarades militantes et militants, sympathisantes et sympathisants, la première arme d’une société contre l’ignorance, l’obscurantisme et la pauvreté matérielle et morale est sans conteste l’éducation. Nous vous invitons donc à être des vecteurs de sensibilisation des élèves, des parents d’élèves et des populations de vos postes respectifs afin de bouter hors du Burkina Faso ce fameux virus.

Pour terminer, nous invitons le gouvernement à ouvrir un débat franc avec l’ensemble des organisations syndicales de tous les secteurs d’activités en lutte pour un règlement concerté de la question de l’IUTS qui pourrait impacter négativement la fin de l’année scolaire. S’il est vrai que nous ne voulons pas compromettre l’avenir de plusieurs milliers d’apprenants et partant, de la nation, il est aussi vrai que nous ne pouvons tolérer la baisse drastique des maigres revenus de plusieurs milliers de travailleurs qui, du reste, honorent déjà leur part d’impôts pour la construction du pays.

Reprise des cours au Burkina: voici les conditions des syndicats de l’éducation

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