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Lutte contre le terrorisme : l’appel de Fada N’Gourma à une résistance populaire


Une délégation gouvernementale, conduite par les ministres en charge de l’enseignement supérieur, Pr Alkassoum Maïga, et des sports, Daouda Azoupiou, a animé, le dimanche 24 novembre 2019, à Fada N’Gourma, une conférence publique sur les thématiques de la résilience locale au terrorisme et de la promotion de la cohésion sociale.

Face à l’enlisement de la situation sécuritaire et à la dégradation des valeurs du vivre-ensemble, le gouvernement appelle à une résistance populaire. Ce message a été lancé, le dimanche 24 novembre 2019 à Fada N’Gourma, par une délégation gouvernementale, conduite par le ministre de l’Enseignement secondaire et supérieur, Pr Alkassoum Maïga, et celui des Sports et Loisirs, Daouda Azoupiou. C’était à la faveur de la conférence régionale de l’Est sur les thématiques de la résilience locale et de la promotion de la cohésion sociale.

Selon le Pr Alkassoum Maïga, la délégation a fait le déplacement de la cité de Yendabli pour, d’une part, rassurer les populations de l’engagement de l’autorité centrale contre l’hydre terroriste et, d’autre part, recueillir les recommandations endogènes les plus pertinentes à même de contribuer à la défense de la nation. L’émissaire de l’exécutif a ajouté que ses collaborateurs et lui sont venus, également, « préparer les populations à la restauration de la cohésion sociale ».

Le décor ainsi planté, les ministres Alkassoum Maïga et Daouda Azoupiou, assistés du gouverneur de la région de l’Est, le colonel Saïdou Toussaint Prosper Sanou, le président du conseil régional de l’Est, Paripouguini Lompo et le 2e adjoint au maire de la commune de Fada N’Gourma, Fadel Thiombiano, ont prêté l’oreille aux recommandations formulées par les forces vives de la région.

Une kyrielle de stratégies

Le président du conseil régional de l’Est, Paripouguini Lompo, a affirmé que les forces vives de sa région ont répondu favorablement à l’appel du président du Faso.

Selon certains intervenants, pour une résistance «farouche» à l’échelle locale, il faut impliquer activement les groupes d’autodéfense, communément appelés «Koglwéogo», dans la lutte contre le terrorisme. Et Talardja Thiombiano, un responsable Kolgwwéogo de la commune de Fada N’Gourma, de brandir l’argument selon lequel «les groupes d’autodéfense maiîtrisent bien le terrain».

«C’est un atout important», a-t-il souligné. D’autres ont estimé que les chefs peuls, connus sous l’appellation «Rugga», les chasseurs, les religieux, ainsi que les coutumiers peuvent jouer un rôle prépondérant dans la sécurisation du territoire national. D’autres encore ont suggéré la mise en place de comités de veille dans chaque village et dans chaque hameau de culture.

Au demeurant, ceux qui sont convaincus que le tout militaire ne peut être une solution durable ont plaidé pour des plans d’urgence dans les localités dites «délaissées», de sorte à assurer une présence effective de l’Etat dans ces contrées. Pour cette catégorie d’intervenants, il faut, également, impliquer le genre féminin dans le secteur de la gouvernance sécuritaire et restaurer la confiance entre les Forces de défense et de sécurité (FDS) et les populations.

Pendant que les attaques terroristes se multiplient, l’on assiste à une exacerbation des conflits communautaires. Beaucoup d’intervenants y voient une instrumentalisation des forces du mal dont l’objectif est la fragilisation du tissu social. Malheureusement, certains Burkinabè sont tombés dans ce piège, a déploré le chef peul de la Kompienga, Idrissa Moussa, par ailleurs militaire à la retraite. Pour lui, «la stigmatisation et la persécution à l’encontre d’une communauté donnée» n’arrange en rien le climat sécuritaire. «Face à l’ennemi commun, nous avons intérêt à nous serrer les coudes. Il faut avoir confiance aux peuls, ils sont très renseignés. Si vous les écartez, vous écartez une force importante», a conseillé Idrissa Moussa.

Halte à la stigmatisation

Il est conforté dans ses propos par le Pr Alkassoum Maïga. En effet, celui-ci a soutenu qu’il n’est pas question de donner un visage ethnique et religieux au terrorisme. Car, a-t-il avancé, il y a des brebis galeuses au sein de tous les groupes ethniques et religieux. Par ailleurs, la restauration de la cohésion sociale, d’après lui, passe par la culture de la tolérance, de la solidarité et du vivre-ensemble.

Au terme de la conférence, le Pr Maïga s’est dit satisfait de la qualité des échanges. «Au niveau de l’Est nous avons constaté que les populations sont prêtes à s’engager dans la lutte», a-t-il apprécié. Au sujet du recrutement de volontaires pour la résistance locale, il a expliqué que le processus sera encadré par une législation bien réfléchie afin d’éviter d’éventuelles dérives. En conclusion, le ministre en charge de l’enseignement supérieur et son homologue du département des sports ont dit avoir pris bonne note des recommandations énoncées. En retour, ils ont exhorté chaque participant de la conférence à relayer le message de la résistance populaire dans son environnement immédiat. Sidwaya

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