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Fait de société de Souro DAO: le Récit d’une vie amoureuse


En 1973, Sibiri est jeune breveté. Il avait 19 ou 20 ans. Fatogoma, ancien combattant rentré du Sénégal a une vision différente de la vie. Il comprenait que l’éducation scolaire était indispensable pour l’épanouissement de l’individu. C’est pourquoi, sa fille Sogoda a eu la chance d’aller à l’école du Blanc. En 1973, Sogoda faisait le cours moyen, deuxième année (CM2). Elle avait 14 ou 15 ans. Au fur et à mesure qu’elle «poussait», ses oncles maternels intensifiaient les démarches nuptiales. Pendant ce temps, Sibiri aussi multipliait ses actions pour conquérir Sogoda. Fatogoma, bien qu’il soit illettré, se souvient du contenu d’une des premières lettres de son gendre remise à sa fille. Chaque fois qu’il introduisait la longue histoire d’amour entre sa «Dada», ainsi il appelait affectueusement sa fille. Il introduisait son récit par cette lettre qui lui a été décortiquée par sa fille elle-même.

La poudre de cola bien mouillée dans la bouche du vieil homme, avait déjà son effet visible. Fatogoma est en forme pour le récit. «C’était un jeudi soir, la veille du marché du village. Comme à l’accoutumée, le village était bien animé avec la présence de commerçants venus de la ville. Profitant de la présence de ceux-ci qui passent les nuits la veille de chaque marché chez moi, une des sœurs de votre papa (Sibiri) est arrivée avec la missive nouée au bout de son pagne. De façon subtile, Dada s’est retirée dans la maison de sa marâtre pour la lire. Si pour elle, elle agissait de façon discrète, moi j’étais au courant de tout. Je travaillais même à leur faciliter la tâche. Ma conviction était la suivante: Amorcer le changement positif par l’enrichissement de notre culture, sans pour autant frustrer ma belle-famille, à qui Dada revenait de droit. Il faut permettre à ces enfants d’être des éclaireurs de nos différentes familles, la mienne et celle de ma belle-famille. Alors, quand elle finit de lire sa missive, je l’ai vue ressortir toute anxieuse. J’étais très mal à l’aise. Elle me faisait pitié. J’ai donc insisté qu’elle me dise ce qui n’allait pas. C’est ainsi qu’elle a partagé le contenu de la lettre avec moi.

Bonsoir mon amour! En cette veille du marché hebdomadaire du village, moi je ne ressens rien de l’ambiance qui prévaut. Car pour moi, tout est vide de sens, chaque fois que cette réalité me vient à l’esprit. «La fille que tu aimes tant, revient de droit à ses oncles maternels». Tu es la première fille. La tradition oblige que tu «combles» le vide laissé par ta mère dans ta famille avunculaire. Mais! Je dis bien,mais!…. Si un jour cette tradition venait à être réalité dans ton cas, saches que toi et moi, n’aurions rien apporté à notre communauté. Ma belle, tout changement part toujours d’une minorité pour s’enraciner grâce à la majorité. Nous devons être les pionniers de ce changement qui pourrait enrichir notre culture. Osons mettre fin à cette façon de faire le mariage. Comment allons-nous faire? Diras-tu. Rien ne résiste à l’amour. Tu es encore jeune, pour comprendre certaines choses. Cependant, sache que «Vouloir, c’est pouvoir». Si tu veux de moi pour époux, engage-toi dès ce soir. Ton chéri Bibi.

A suivre…

Souro DAO

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