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Chine: Huawei attaque en justice Washington


Le géant chinois des télécoms, Huawei, va demander l’annulation de l’interdiction d’achat de ses équipements aux Etats-Unis, considérée «anticonstitutionnelle».

Inséré sur une liste noire par Washington, qui le soupçonne d’espionner pour le compte du gouvernement chinois, le géant chinois avait déjà déposé une plainte en mars 2019 au Texas contre cette loi. L’argument était que le Congrès des Etats-Unis n’avait jamais pu justifier les restrictions «anticonstitutionnelles» le visant.

Cette fois-ci, Huawei va demander à un tribunal américain d’annuler l’interdiction « tyrannique » faite aux administrations fédérales d’acheter ses équipements.

«Le gouvernement américain n’a fourni aucune preuve montrant que Huawei représente une menace pour la sécurité. Il n’y a ni arme, ni fumée. Uniquement des suppositions», a déclaré Song Liuping, le responsable juridique de Huawei, lors d’une conférence de presse au siège de l’entreprise à Shenzhen (sud de la Chine).

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La compagnie chinoise doit composer avec l’interdiction faite aux administrations fédérales américaines d’acheter ses équipements et services, ou de travailler avec des compagnies tierces qui sont ses clientes.

«Cette façon de faire consistant à utiliser la législation au lieu de juger est un acte tyrannique et est explicitement interdite par la Constitution américaine« , a souligné Song Liuping. Cité par la chaîne télévisée CCTV, il a dénoncé la volonté «évidente» de l’administration Trump de « chasser Huawei du marché américain ».

Les responsables de Huawei ont expliqué avoir déposé leur demande auprès du tribunal. Cette demande s’apparente à un référé, appelant à une décision d’un juge sans passer par un procès en bonne et due forme.

«Le système judiciaire est le dernier recours pour obtenir justice. Huawei a confiance dans l’indépendance et l’intégrité du système judiciaire américain», a déclaré Song Liuping.

« Le gouvernement américain n’a fourni aucune preuve montrant que Huawei représente une menace pour la sécurité. Il n’y ni arme, ni fumée. Uniquement des suppositions », a ajouté le juriste.

Cette annonce survient au moment où Huawei, leader mondial incontesté de la cinquième génération de réseaux mobiles, est visé par de nouvelles attaques de la part de Washington. Cité par la télévision CCTV, Song Liuping avait dénoncé la volonté « évidente » de l’administration Trump de « chasser Huawei du marché américain ».

En pleine guerre commerciale sino-américaine, l’administration Trump a placé Huawei sur une liste de sociétés « à risque » auxquelles il est interdit de vendre des équipements technologiques. Cela pourrait entraîner la faillite de Huawei, qui dépend largement des composants fabriqués aux Etats-Unis pour ses téléphones.

Selon les médias, les sociétés américaines Qualcomm et Intel, entre autres, ont annoncé qu’ils ne fourniraient plus le groupe chinois, à l’issue de la période de sursis de 90 jours accordée par la Maison Blanche.

Huawei est depuis 2018 dans le viseur de Washington, qui le soupçonne de permettre aux services de renseignements chinois d’utiliser son matériel afin d’espionner les communications sur les réseaux mobiles dans le monde.

La démarche engagée par le groupe chinois devant la justice américaine montre qu’il est prêt à utiliser tous les moyens à sa disposition pour ne pas se faire exclure de la course engagée pour le marché de la 5G.

«Ils [les membres de l’administration Trump] utilisent tous les outils qu’ils ont, le législatif, l’administratif, les voies diplomatiques. Ils veulent que nous fassions faillite», a accusé Song Liuping. «C’est anormal. C’est presque du jamais-vu dans l’histoire», a assuré ce dernier.Chine Magazine

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