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Chine: dossier sur l’égalité des chances et examens impériaux


Egalité des chances et examens impériaux

‘(Dossier réalisé par notre partenaire Chine-Magazine) Tout homme qui réussit l’examen impérial peut devenir un fonctionnaire de haut rang, sans tenir compte de ses richesses ni de son statut social.

Au départ, l’examen impérial visait à permettre à chacun d’accéder à une fonction d’Etat, mais par la suite les études destinées aux examens prennent beaucoup de temps et coûtent cher, notamment parce qu’il faut un professeur privé. Ainsi, la plupart des candidats étaient principalement issu de la classe des propriétaires terriens assez riches.

Mais il y a quand même plusieurs individus qui sont passés d’un statut social modeste à la réussite sociale, grâce aux examens. Dans certaines dynasties, les examens mandarinaux ont supprimés. Les postes de fonctionnaires étaient vendus, entraïnant corruption et imoralité.

Par ailleurs, les candidats venaient de toute la Chine, et donc, même s’ils venaient dans des régions défavorisées, et avaient une chance de réussir aux examens, afin d’obtenir le poste de fonctionnaire.

Malgré tout, l’histoire des concours mandarinaux est émaillée de controverses sur l’égalité, selon l’origine géographique des candidats.

La première polémique remonte à l’époque des Song du Nord (960-1127). Face au nombre important de lettrés originaires du sud du pays qui s’illustraient dans les concours mandarinaux, le clan du nord proposa d’instaurer des quotas de sélection selon les régions.

Ces quotas, proposés par Sima Guang (1019-1086), pourraient proposer des candidats dans des proportions fixées, afin de rétablir l’équilibre entre le nord et le sud du pays.

A contrario, le clan du sud, représenté lui par l’historien Ouyang Xiu (1007-1072), défendait un recrutement fondé sur le seul mérite, sans faire de distinction selon l’origine géographique des candidats.

L’opinion de Ouyang Xiu a prévalut, donnant au clan du sud plus d’influence et de poids dans l’Etat aux lettrés du sud. Ce phénomène a atteint son apogée au début de la dynastie Ming.

En 1397, lors de la session de la deuxième lune, l’ensemble des 52 candidats admis étaient originaires du sud du pays, provoquant la colère des lettrés du nord.

Ils envoyèrent une lettre de doléances à l’empereur de l’époque, Zhu Yuanzhang (1328-1398), dans laquelle ils estimaient que les examinateurs avaient avantagé les candidats méridionaux. Ils réclamaient une seconde correction des épreuves. Finalement, l’empereur lui-même s’acquitta de cette tâche, et les 61 nouveaux admis provenaient tous du nord du pays.

Après cette affaire, le déséquilibre de recrutement entre les candidats du nord et du sud s’améliore un peu. Vers le milieu de la dynastie Ming, un nouveau système d’examens est mit en place, divisant le pays en trois zones : nord, centre et sud, avec des quotas d’admission différents.

Ce système est à son tour remplacé par l’empereur Kangxi (1662-1722), de la dynastie Qing, qui instaure un recrutement au niveau provincial. Le nombre de reçus était proportionnel à celui des candidats de chaque province. Ce principe est resté en vigueur dans le système des examens officiels. On peut d’ailleurs retrouver des traces de ce système dans le concours actuel d’entrée à l’université (gaokao).

Autre polémique, Hong Xiuquan (1813-1864) s’est opposé à la dynastie Qing (1644-1911) en devenant le chef de la révolte des Taiping, quite à son quadruple échec aux concours mandarinaux.

Le système des examens officiels avait fini par faire de ce jeune adolescent un homme d’âge mûr, si ce n’est un emploi de précepteur, l’un des rares «débouchés» possibles pour les recalés aux concours mandarinaux.

Ce système sélectionnait tous les ans l’élite, mais il a produit un nombre plus important d’individu comme Hong Xiuquan, rejetés par le systèmes.

En dépit des problèmes, les concours mandarinaux ont toujours été le meilleur moyen d’ascension sociale pour les enfants issus de familles ordinaires qui voulaient accéder aux sphères dirigeantes.

Tout au long de l’histoire du concours, les différentes modifications ont toujours visé à renforcer l’égalité des chances. Abandonné par la cour impériale des Qing, le système des concours mandarinaux suscite de la nostalgie, car il apparaît comme un symbole d’équité. Le système des examens servit aussi à maintenir une unité culturelle et un consensus sur les valeurs de base.

De notre Partenaire Chine-Magazine.com

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