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Burkina: les experts chinois du Projet Mil renforcent les capacités des agriculteurs


Le jeudi 22 novembre 2018 Son Excellence Monsieur LI Jian, Ambassadeur  de la République populaire de Chine au Burkina à la faveur d’une réception organisée par l’ambassade de Chine à l’occasion du 40ème anniversaire de Réforme et d’ouverture de la Chine, déclarait entre autres ceci : « (…)la coopération entre la Chine et le Burkina Faso donnera des perspectives brillantes » Aujourd’hui les faits parlent d’eux-mêmes. Les soutiens matériels, financiers et techniques, les actions d’assistances médicales, agricoles et autres accordés par la Chine au Burkina sont autant visibles comme un nez sur un visage.

Différentes missions chinoises présentes sur notre sol abattent un travail très contributif au développement de notre pays. Leurs actions contribuent à redynamiser le développement socio-économique du Burkina Faso. Parmi ces missions chinoises figure celle du Projet d’Assistance Technique pour la Démonstration de Culture de Mil au Burkina Faso qui se présente comme un véritable partenaire du développement agricole burkinabé.

Arrivée au Burkina en 2019 et dirigée par Dr. Zhao Hanqing,  la mission du Projet d’Assistance Technique pour la Démonstration de Culture de Mil au Burkina Faso a procédé pendant l’hivernage de la même année, précisément de juin à début novembre 2019, à des démonstrations de culture et des essais de culture portant sur 8 variétés. La performance a dépassé les attentes d’une façon générale.

 Lire aussi: Coopération: la Chine partage son expérience avec le Burkina dans le domaine agricole à travers le Projet Mil

Les démonstrations de culture ont porté sur les variétés de mil introduites depuis le Nigeria et la Chine et se sont révélées prometteuses.

La variété de mil perlé – SUPERSOSAT cultivée à titre expérimental enregistre un rendement maximal de 3,2 tonnes par hectare; Le mil chinois planté à titre expérimental, Zhangzagu16, a un rendement maximal de 4,1 tonnes par hectare, le rendement moyen de la variété de mil perlé SUPERSOSAT cultivée dans la grande parcelle est de 2,2 tonnes par hectare et SOSAT de 1,6 tonne par hectare.

En ce qui concerne les essais, au total, 144 essais de culture et de sélection ont été conçus. Après des essais comparatifs tels que la densité de culture, la gestion de la fertilisation et la date de semis, l’équipe chinoise du Projet Mil a pu repérer la direction locale de sélection du mil perlé et du mil chinois et la combinaison optimale de techniques de culture avec mesures de gestion. Pour le mil perlé, la meilleure condition proposée, c’est la densité de 67 000 plantes / ha (espacement des rangées 0,3 m × 0,6 m, 2 plantes par poquet), dose d’engrais à 0,375 tonne / ha (0,15 tonne / ha de NPK fertilisant de fond + 0,075 tonne / ha d’urée en phase d’élongation de la tige + 0,15 tonne / ha d’urée en phase de floraison), semis à la mi-juillet.
Quant au mil chinois la densité est de 667 000 plantes / ha (espacement des plantes 0,12 m × 0,25 m, 2 plantes par poquet), la fertilisation est dosée à 0,375 tonne / ha (0,15 tonne / ha de NPK fertilisant de fond + 0,225 tonne / ha d’urée application unique en phase d’élongation de la tige) et les semis à la fin du mois de juillet

A l’issue des expérimentations, il ressort que les variétés testées pendant la saison d’hivernage en 2019 présentant des caractéristiques de résistance à la sécheresse et aux températures élevées en Chine, ont montré de bons caractères dans la culture de la saison sèche de cette année. Parmi eux, le Zhangzagu3 nouvellement planté a un cycle de croissance de seulement 60 jours et est particulièrement adapté à la culture dans les zones à courte saison d’hivernage, comme le nord du Burkina Faso. Le Zhangzagu16 continue de présenter des caractéristiques de rendement élevé et de résistance élevée aux maladies, et c’est une race prometteuse au Burkina Faso à l’avenir.

En cette année 2020, les activités de cette mission du Projet d’Assistance Technique pour la Démonstration de Culture de Mil au Burkina Faso se poursuivent de fort belle manière. Et tirant des leçons des difficultés rencontrées au cours de la première année, le projet Mil est sur la bonne voie, présentant des résultats prometteurs sur le terrain de concert avec des experts agricoles burkinabé. Le chef du projet et son équipe ont décidé d’organiser une formation au profit des producteurs, en cette période marquant le début de la campagne agricole au Burkina, pour rendre les activités de cette année plus performantes. Aux dires des responsables, cette formation se tient dans le strict respect des mesures barrières édictées par les autorités sanitaires de notre pays pour contrer la covid-19. A cet effet, les participants sont organisés en petits groupes pour éviter le regroupement et des équipements de protection individuelle (EPI) tels que des masques, des solutions hydroalcooliques etc sont mis à leur disposition.

Des techniques aux producteurs burkinabé pour « pêcher »

En Chine, il y a un vieux dicton qui dit : « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour ; si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours. ». Dans la logique des Chinois toujours prompts à partager leurs expériences avec les autres peuples, enseigner les connaissances et les techniques pour « pêcher » est une question cruciale. La formation initiée par le Projet Mil s’inscrit dans cette dynamique. Tenant compte des expériences accumulées sur le terrain lors de la campagne écoulée, et après des concertations internes, la première séance de formation pour cette nouvelle campagne humide est consacrée à l’identification des sources de semences au profit des producteurs pilote et leurs associés.

De façon concrète, cette technique consiste à identifier scientifiquement les qualités des semences, ce qui est considéré comme un moyen à la fois essentiel et très important pour la sélection et la production de bonnes semences. Dans le passé, les producteurs ne pouvaient que recourir aux expériences personnelles pour évaluer la qualité des semences.

C’est pour cela que l’équipe du Projet Mil voudrait profiter de son séjour au Burkina Faso pour révéler et enseigner aux producteurs les critères d’évaluation qu’ils ont accumulés durant des années d’expériences, car le pays pourrait compter sur eux dans le futur pour la sélection et la production des semences améliorées.

Ainsi, les formateurs chinois, tout en s’appuyant sur les connaissances de base des apprenants et en restant orientés sur les enjeux, mettent l’accent particulier sur les points clés à savoir la purification et le rajeunissement. Ils leur apprennent à mettre en pratique les techniques pas à pas durant la campagne à venir.

Afin d’apporter une plus-value par rapport à la formation de l’année dernière, cette nouvelle édition intègre des modules de pratique sur le terrain, avec comme particularité le nombre restreint de participants, la durée courte et des cibles bien déterminées.

Après les deux séances portant respectivement sur l’identification des sources de semences, la purification et le rajeunissement, s’en suivront l’utilisation des machines à semis et l’application des produits phytosanitaires. La machine à semis, caractérisée par l’efficacité, l’homogénéité et la précision inégalée quant à l’espacement, a déjà fait ses preuves pendant la dernière campagne. Cette machine a fait ravir ceux qui l’ont connue dans la base semencière et les sites de démonstration.

Cette fois-ci, l’enthousiasme est au rendez-vous chez les apprenants qui prennent plaisir à apprendre à assembler la machine et à les manipuler sur place. La protection étant importante contre les maladies et les ravageurs, les experts chinois partagent des astuces pour appliquer scientifiquement les produits phytosanitaires.

« nous sommes très contents de la formation qui est dispensée, nous sommes très intéressés par  la séance dédiée à la protection des plantes. Actuellement c’est le moment d’appliquer les herbicides sur le terrain et nous avons appris toutes les techniques sur le terrain » nous rapportent certains producteurs. « Nous avons beaucoup appris. Nous allons mettre en pratique tout ce que nous avons appris » renchérissent d’autres.

Le vœu des experts chinois est que les participants puissent mettre en pratique et profiter de ce qu’ils pratiquent et devenir plutard des relais pour faire bénéficier à plus de producteurs.  Ils estiment qu’après plus de 20 jours chargés d’activités, tout est prêt pour le démarrage de la nouvelle campagne. Ils ont souhaité une bonne pluviométrie, une bonne campagne et de bonnes récoltes pour le Burkina Faso.

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