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Burkina: intimidation de Ladji Bama, les vieux démons sont-ils de retour ?


Le véhicule de Ladji Bama, journaliste d’investigation a été incendié à son domicile. Si les auteurs de ce forfait ne se sont pas directement pris à l’intéressé et à sa famille, l’incendie de son véhicule sonne comme un avertissement. Ce, d’autant plus qu’il a investigué sur plusieurs affaires dont certaines sont en justice. Ladji Bama, est aussi sur d’autres affaires qui, certainement connaîtront le même sort. Est-ce pour autant qu’il faut l’intimider et stopper ainsi son élan? A travers lui, toute la presse? Certainement que non car, sans la presse certaines affaires n’auront été connues des Burkinabè. Sans la presse, la démocratie n’aura plus de sens. Sans la presse, devenue le dernier rempart, les plus forts briseraient les plus faibles. Aussi, revient-il au pouvoir de faire en sorte que les journalistes, au même titre que certains acteurs pour ne pas dire tous les Burkinabè, soient sécurisés. En tout cas, ce qui est arrivé à Ladji Bama est un véritable recul de la démocratie dans notre pays puisqu’il touche à la liberté de presse et d’opinion.

Avant Ladji Bama, c’est le Secrétaire général de l’Union nationale de la police (UNAPOL), un syndicat de policiers qui a lui aussi échappé à un assassinat à son domicile. Pour certainement des raisons syndicales puisqu’il est connu de tous qu’il dénonçait certains comportements injustes dans la hiérarchie policière. Un engagement qui lui a valu, avec d’autres camarades, des licenciements. Là aussi, les Burkinabè avaient dénoncé et se sont limités là. Puis, plus rien jusqu’à nos jours. Et pourtant, l’enquête ouverte devait permettre très rapidement de savoir pourquoi voulait-on l’assassiner.

A Gounghin, c’est «Madi de Gounghin», un jeune homme connu pour son engagement politique et ses va-et-vient entre les partis politiques qui a été courant 2019, bastonné et blessé par des individus que personne n’a jusqu’à présent pu identifier. Tout le monde a imaginé les raisons… politiques pour lesquelles il a été frappé et qui pouvait être à l’origine de cette bastonnade. Mais, plus rien.

Hervé Ouattara, pour avoir hébergé Kémi Séba, l’activiste et panafricaniste franco-béninois, opposé au F CFA et dont les prises de positions sont connues, l’a échappé bel puisque des gens sont descendus chez lui pour lui faire la peau. Heureusement que l’irréparable ne s’est pas produit.

Ces cas d’agression sont de plus en plus courants sans que l’on connaisse les auteurs. Soient ils sont commandités (en ce moment à quelque part on sait) soit ils le sont pas, mais ce sont les services de renseignement qui ne sont pas assez efficaces pour retrouver les auteurs. Dans les deux cas, c’est assez grave. Car, apparemment si on n’y prend garde, les vieux démons des règlements des comptes politiques ou non, sont sur le chemin du retour.

Le pouvoir en place doit travailler à mettre fin à cette situation car, il sera indexé comme étant le premier accusé alors que tout porte à croire qu’il en sera aussi le premier perdant.

Dabaoué Audrianne KANI/Express du Faso

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