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Burkina Faso: peut-on réussir une réconciliation sans Blaise Compaoré ?


C’est ce lundi 22 juillet 2019 qu’a  pris fin le dialogue politique initié par le président du Faso et qui a réuni autour de la table les partis politiques de l’Alliance de la majorité présidentielle et ceux regroupés autour du Chef de file de l’opposition politique. Si pendant les huit jours (du 15 au 22 juillet) très peu d’informations ont fuité (c’est à l’honneur des participants), il faut reconnaître que le débat sur le retour de Blaise Compaoré, l’ancien président du Faso et des autres exilés ne pouvait laisser indifférent.

En effet, si la réconciliation doit être sincère et inclusive comme tout le monde le veut, les parties devraient être unanimes pour que dans les meilleurs délais, Blaise et les autres reviennent au pays. Tout Burkinabè sincère ne devrait avoir aucune fierté en ce que leur ancien président soit exilé, même de son propre gré. Si bien que l’argument selon lequel personne n’a chassé Blaise Compaoré est bien fallacieux, injurieux peut paraître irresponsable aux yeux de tous ceux qui travaillent jour et nuit pour des retrouvailles véritables entre Burkinabé. D’ailleurs ceux qui tiennent ce langage ne sont-ils pas ceux qui ont bénéficié et qui continuent de jouir du départ précipité de Blaise Compaoré? A comprendre que c’est une manière pour eux de sauvegarder leurs prébendes, même au détriment de la paix nationale?

À supposer que ce 31 octobre 2014, Blaise Compaoré ait refusé de démissionner et de quitter le pays, qu’en serait-il de la paix sociale ? Il faut être amnésique pour soutenir que personne n’a chassé qui que ce soit ! Il faut être d’une myopie politique avérée et animé de mauvaise volonté pour la réconciliation et maniaque pour continuer de soutenir de tels propos. Surtout au moment où Roch lui-même reconnaît que c’est la nation en danger qu’il faut sauver.

Du reste, de tels propos ne devraient plus venir d’aucun homme politique, surtout de la majorité quand on sait que la situation actuelle du pays ne profite guère au pouvoir. Tant que le pays est dans une instabilité sociale, tant que la paix ne revient pas, tant que l’insécurité n’est pas vaincue, la responsabilité du pouvoir sera toujours engagée. Roch, président du Faso ne devrait être fier de passer un jour le témoin à un successeur avec un pays en lambeaux. Sur pratiquement tous les plans. Il le sait et c’est pourquoi, il travaille à trouver des solutions le plus rapidement à tous ces maux qui minent le pays et l’empêchent de travailler.

Il revient donc à ses soutiens politiques, économiques et sociaux de travailler à l’aider à réussir ce premier mandat et à se faire réélire si les Burkinabè le veulent bien en 2020. D’ailleurs, il a lui-même souligné à l’ouverture du dialogue que ce qui nous préoccupe est beaucoup plus la survie de la nation qui est menacée qu’une question de pouvoir. A moins que ce qu’il dit publiquement soit différent de sa pensée réelle.

Dans tous les cas, on en saura d’ici là quand les rapporteurs livreront les résultats des débats.

Dabaoué Audrianne KANI in l’Express du Faso

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