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Burkina: en 2020, 55% du budget national iront dans les salaires des fonctionnaires


A travers un point de presse animé, le vendredi 13 septembre 2019 à Ouagadougou, le Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, Pr Séni Mahamadou OUEDRAOGO, a exposé sur plusieurs dossiers de son département dont celui de la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat et du contrôle d’authenticité de leurs diplômes.

La rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat ou encore la remise à plat des salaires, recommandée par la conférence nationale, tenue à la demande du chef l’Etat, Roch Marc Christian KABORE en juin 2018, a constitué un des points d’échanges entre le Ministre Séni Mahamadou OUEDRAOGO et les hommes et femmes de médias.
Pour le conférencier, si l’on recherche la cohérence et la stabilité dans notre pays, il faut une approche qui soit globale, qui n’exclut pas. « De deux choses l’une. Soit on veut une approche globale et on gère tous les problèmes, soit on retourne gérer les problèmes au cas par cas », a-t-il lancé. Le principe de l’intérêt général doit être, selon lui, le principe directeur de gestion de notre pays.

Pour faire comprendre son idée, il s’est appuyé sur le projet de loi de finances 2020 du Burkina Faso. Il a relevé que les prévisions de la masse salariale font 55% des recettes propres du pays. « Si dans la projection de 1700 milliards FCFA de recettes propres, il y a déjà 55% qui vont dans les salaires, il faut qu’on comprenne qu’il y a problème, que le gouvernement est là aussi pour rechercher l’équilibre entre des priorités qui sont en permanent conflit et que raisonnablement le budget de l’Etat ne peut pas être utilisé pour payer que des salaires », a-t-il indiqué. « Si on me dit que 190 milles fonctionnaires (je le suis aussi) doivent toucher 55% du budget, il faut se faire une projection. Même si par extraordinaire, chacun des fonctionnaires que nous sommes, avait 10 ou 20 membres de sa famille à prendre en charge, on se retrouverait à moins de 10% de la population qui accaparent 55% des recettes propres, parce que les fonctionnaires que nous sommes représentent 1% de la population burkinabè. Cela aussi est une réalité qu’il faut reconnaître. Ceux qui ne sont pas fonctionnaires, ont-ils droit à la répartition des richesses de notre pays ? », s’est interrogé le Ministre. Selon lui, si la réponse est oui, il faut corriger les injustices. Et la problématique de la répartition des richesses trouve sa réponse dans la rationalisation du système de rémunération des agents publics. « Il s’agit de faire en sorte que nous retombions sur nos deux pieds en restant dans les grands canaux des exigences communautaires en matière de ratio masse salariale sur les recettes à l’effet de dégager des ressources pour faire des investissements structurants ».

Le Ministre en charge de la fonction publique estime que la remise à plat des salaires est un processus collectif qui demande à ce que chacun de nous s’interroge sur le sens et la portée de notre appartenance commune. Il a précisé : « Dans la rationalisation du système de rémunérations, il s’agit pour certains de faire des sacrifices au profit d’autres. Il s’agit de faire en sorte que nous dégagions des ressources additionnelles pour les investir par exemple dans le système éducatif ou dans d’autres domaines ».

A la question de savoir à quand cette remise à plat des salaires, il a répondu : « D’un point de vue technique, nous avons fini le travail. Maintenant, il reste à tenir la rencontre sur des questions qui peuvent être levées, à savoir qu’il faut adopter une loi organique sur les principes généraux de la fonction publique, il faut réviser les articles 97 et 101 de la Constitution ». Cependant la question qui se pose est : « sommes-nous tous d’accord pour aller dans le processus de remise à plat ? » Pour lui, le travail n’est pas que technique. Si tous les Burkinabè veulent de cette remise à plat, ils opèrent les différentes modifications qui restent.

DU CONTRÔLE DES DIPLÔMES

Sur la question du contrôle des diplômes, Séni Mahamadou OUEDRAOGO a expliqué que son Ministère a choisi de faire une démarche en deux temps. 133 milles fonctionnaires ont été recensés pour la première phase. Et le travail a porté actuellement sur près de 90 milles agents. « Ce travail nous a permis de dégager certaines grandes incohérences. Mais comme il s’agit de données à caractère personnel, il faut faire en sorte qu’il y ait moins d’erreur possible ; que pour les explications qui seront demandées aux agents concernés, on ait l’assurance que l’administration ne s’est pas trompée », a-t-i indiqué.

Le contrôle des diplômes concerne aussi bien les membres du gouvernement que les agents publics. Pour le moment, sans avoir finalisé le travail qui implique le Ministère en charge de la fonction publique, celui de l’éducation nationale, l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), le ministère de la Justice et le Conseil d’Etat, les contrôleurs ont relevé par exemple qu’il y a des incohérences dans les diplômes qui sont délivrés. Il s’agit, entre autres, des diplômes sans numéros de procès-verbaux (PV), des diplômes sans numéros, des fonctionnaires qui ont eu des rajouts de noms sur leurs diplômes, ou encore des erreurs sur les diplômes qui existent dans les dossiers à la fonction publique, comparés à ceux qui sont au niveau de l’Office du baccalauréat de l’université de Ouagadougou. « Tout cela doit être vérifié. Le travail est difficile mais il se fait avec minutie », a-t-il rassuré. Et d’ajouter que dans le cadre du Traité d’amitié et de coopération Burkina Faso-Cote d’Ivoire (TAC), il a échangé avec les autorités ivoiriennes et que dans les tous prochains, une délégation irait en Côte d’Ivoire pour faire la première vérification sur environ 1200 dossiers de baccalauréat venant de la Côte d’Ivoire. Environ 200 dossiers venant du Mali seront également vérifiés. Pour les autres, l’ASCE-LC contactera les organisations sœurs pour le travail de contrôle.

En conclusion, Pr Séni Mahamadou OUEDRAOGO a réaffirmé que le contrôle des diplômes se poursuit sans tapage. Il invite par ailleurs tous ceux qui ont fait des rajouts de noms à leurs diplômes ou changé de séries de leurs diplômes à rendre disponibles les éléments de justice qui justifient l’ajout de nouveaux noms ou le changement de séries constatés sur leurs diplômes.

DCPM/MFPTPS

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