La sixième mission médicale chinoise au Burkina a organisé ce jeudi 20 février 2025 une formation sur la réanimation cardiopulmonaire au profit du personnel médical du centre hospitalier universitaire de Tengandogo à Ouagadougou. La formation a été assurée par le chef de mission, Docteur Chen Daohu, chirurgien cardiaque et docteur ZHU Lin, urgentiste.
Chaque année, près de 5 millions de personnes à travers le monde perdent la vie des suites d’un arrêt cardiaque. Pourtant, une intervention rapide pourrait faire la différence entre la vie et la mort. En effet, la réanimation cardiopulmonaire (RCP) est une compétence fondamentale pour tout professionnel de santé, quel que soit son domaine d’expertise. Confrontés à un patient en arrêt cardiaque, ces professionnels doivent être capables de réagir immédiatement.
C’est dans ce contexte que la formation initiée par la sixième mission médicale portant sur les gestes de premiers secours et en particulier sur la réanimation cardiopulmonaire, a été salutaire non seulement pour les professionnels de santé, mais aussi pour le grand public. Chaque seconde compte dans ces moments décisifs, et savoir comment réagir peut sauver une vie.

Dr ZHU Lin, urgentiste,
L’arrêt cardiaque est une urgence médicale critique. En l’absence de circulation sanguine, les organes vitaux, et en particulier le cerveau, sont privés d’oxygène, des lésions cérébrales irréversibles peuvent se développer en seulement 4 à 6 minutes après l’arrêt cardiaque. C’est pourquoi le temps de réaction est déterminant. Si une réanimation est pratiquée dans la première minute suivant l’arrêt cardiaque, le taux de survie peut atteindre 90 %. Cependant, ce taux chute considérablement si la RCP est retardée : à 6 ou 8 minutes, les chances de survie sont réduites à environ 20 %, avec des risques accrus de séquelles neurologiques graves. Au-delà de 10 minutes, les probabilités de succès de la RCP deviennent quasiment nulles.
La formation qui a regroupé une cinquantaine de médecins et d’infirmières, a été assurée par deux experts chinois en réanimation cardiopulmonaire, à savoir le chirurgien cardiaque Chen Daohu et ZHU et Lin, urgentiste. Elle va contribuer à renforcer de façon continue la résilience du système de santé publique burkinabè.
Ils ont permis aux participants d’acquérir des connaissances théoriques et pratiques de base sur la réanimation cardiopulmonaire dont l’application leur permettra de sauver des vies.

Docteur Chen Daohu, chirurgien cardiaque, chef de la sixième mission médicale chinoise.
Selon Docteur Chen Daohu, chef de la sixième mission médicale chinoise, une meilleure formation et une bonne sensibilisation à cette compétence augmenteraient sans doute les chances de survie des patients victimes d’arrêts cardiaques. Il a rappelé l’importance de cette compétence, espérant que chaque participant à cette formation sera désormais capable de reconnaître une situation d’arrêt cardiaque et d’intervenir efficacement. « La RCP est une clé pour sauver des vies. Nous espérons qu’avec cet échange, chaque professionnel de santé et même les citoyens pourront mettre en œuvre cette technique au bon moment », a-t-il souligné.
Le défi aujourd’hui est d’assurer une diffusion plus large de ces connaissances et d’encourager la mise en pratique régulière de la RCP, notamment lors d’ateliers de simulation d’urgence, afin de garantir que chacun sache comment réagir face à cette situation critique.

Une vue des participant.e.s à la formation
On retient aussi que comme leurs prédécesseurs, l’équipe de la sixième mission médicale va apporter une assistance médicale aux professionnels de la santé du Burkina, faire des dons de médicaments et de matériels médicaux à des hôpitaux, mener des consultations gratuites et apporter des soins de qualité aux populations dans les villages et à l’hôpital de Tengandogo.
En rappel, la réanimation cardiopulmonaire demeure un geste vital et son apprentissage devrait être encouragé auprès de toutes les populations, non seulement pour les professionnels de la santé, mais également pour les citoyens afin de réduire le nombre de décès liés aux arrêts cardiaques.
John Leonel KABORE