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Détention du Général Djibril BASSOLE : « un complot politique » selon un citoyen


L’acharnement politico-judiciaire que subi l’ancien ministre des affaires étrangères du Burkina, monsieur Djibrill BASSOLE est sans conteste la preuve d’un complot politique honteux orchestré contre sa personne et contre la démocratie burkinabè. En effet, au regard de l’évolution manifestement lente de l’instruction du dossier de l’intéressé, les multiples vices de procédure et les différents revers que connaît le dossier du putsch du 15 septembre 2015, l’on est en droit d’affirmer sans se tromper que monsieur BASSOLE est un prisonnier politique. Sa détention prolongée à la MACA est dans ce sens arbitraire comme l’atteste l’avis 39/2017 du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire et témoigne d’une volonté politicienne de le maintenir hors de l’arène politique nationale.

Pour preuve, soulignons l’émission par le Président de la Transition, du décret portant réintégration du Général BASSOLE dans les effectifs de l’Armée en novembre 2015, alors qu’il est détenu et accusé d’avoir participer au putsch du 15 septembre exécuté par certains membres du RSP. Cette manœuvre politique impertinente avait plusieurs répercussions, mais ne participait aucunement à la manifestation de la vérité sur le coup d’État. Elle est impertinente en ce sens que sur une base légale, la réintégration du Général BASSOLE n’est pas justifiable. Le statut général des Forces Armées nationales en son article 155 concernant la réintégration du militaire en disponibilité précise que : « le militaire en disponibilité doit demander sa réintégration ou le renouvellement de sa position trois (03) mois avant l’expiration de la période en cours. Le militaire en disponibilité peut également être rappelé en activité si les circonstances l’exigent ». Monsieur BASSOLE n’a pas demandé à être en activité et aucune circonstance manifeste n’exigeait sa réintégration surtout que les chefs d’accusation à son encontre sont très graves.

L’explication de cet acte trouve sa justification ailleurs et n’est pas surtout concordante avec celle du ministre de la justice Réné BAGORO qui prétextait à un souci de discipline militaire. À mon sens deux (02) principales raisons peuvent soutenir cette manœuvre. Ce sont :

  1. Empêcher monsieur BASSOLE d’exercer librement sa carrière politique puisque son statut de militaire est incompatible avec celui politique. C’est d’ailleurs la raison qui avait motivé son choix de prendre une disponibilité vis-à-vis de l’Armée. En rendant le grade de Général à monsieur BASSOLE, les autorités de la Transition (qui agissaient sous couvert) ont juste voulu faire obstruction à ses ambitions politiques par des comportements contraires à l’éthique démocratique.
  2. Se servir de son grade de Général pour tenter de justifier son implication dans le putsch et sa détention prolongée afin de l’assaillir de multiples chefs d’accusation plus ou moins cohérentes avec leurs ambitions malsaines. Bien évidemment, le peuple burkinabè remonté et impatient pour que justice soit rendue, a succombé dans un premier temps aux preuves infondées incriminant Djibrill BASSOLE que leur avaient fournies les autorités de Transition. Mais dans un second temps, après que la tempête soit passée, il est clair que l’opinion publique adhère et est convaincu de l’innocence et de la victimisation du Général.

Naturellement, lorsque les Nations unies ont dénoncé cette machination maladroite qu’est sa détention arbitraire et ont exigé la libération immédiate de monsieur BASSOLE, il fallait entreprendre des mesures pour attester que la détention du ministre est légale. Ces mesures ont conduit à ce que la chambre d’accusation du Tribunal militaire de Ouagadougou épure toutes les accusations sans fondements pour ne retenir que la trahison. Cette accusation, de toute évidence formelle et sans fondement juridique, ne saurait en aucun cas justifier la détention du Général BASSOLE qui doit être simplement libéré.

À propos de la trahison, l’article 88 du code pénal dispose que : « Est coupable de trahison et puni de l’emprisonnement à vie, tout burkinabè qui :

 – porte les armes contre l’État ;

 – entretient des intelligences avec une puissance étrangère en vue de l’engager à entreprendre des hostilités contre le Burkina Faso ou lui en fournit les moyens soit en facilitant la pénétration de forces étrangères sur le territoire burkinabè, soit en ébranlant la fidélité des armées, soit de toute autre manière ;

– livre à une puissance étrangère ou à ses agents, soit des troupes, soit des territoires, villes, ouvrages, postes, magasins, arsenaux, bâtiments, matériels, munitions, navires, appareils de navigation aérienne ou de locomotion ferroviaire appartenant au Burkina Faso ou affectés à sa défense ;

 – en vue de nuire à la défense nationale, détruit ou détériore un navire, un appareil de navigation aérienne ou de locomotion ferroviaire, un matériel, une fourniture, une construction ou une installation quelconque, ou qui, dans le même but, y apporte soit avant, soit après leur achèvement, des malfaçons de nature à les endommager, à les empêcher de fonctionner normalement ou à provoquer un accident ».

Même si la justice militaire se fondait sur les supposées écoutes téléphoniques, qui d’un point de vue légal ne sont pas recevables eu égard du caractère très flou entourant leur obtention, leur authenticité et la violation flagrante du secret de l’instruction, elle ne peut, conformément à l’article 88 accusé le Général BASSOLE de trahison. Parce que :

  1. Monsieur BASSOLE n’a pas porté les armes contre l’État. Cela ne souffre d’aucun doute sinon la justice militaire se ferait le plaisir de rallonger ses chefs d’inculpation en ajoutant ceux d’atteinte à la sûreté de l’État, de destruction de biens, de meurtre, de coups et de blessures volontaires et j’en passe.
  2. Quant au contenu du douteux enregistrement téléphonique entre Guillaume SORO et Djibrill BASSOLE, il ne saurait révéler une collusion quelconque entre l’ancien ministre des affaires étrangères et la République de Côte d’Ivoire. C’est visiblement la conversation de deux amis (bien évidemment il faut encore prouver qu’elle est authentique et légalement obtenue) puisque les propos de Guillaume SORO n’engageaient ni la responsabilité de la Côte d’Ivoire, ni sa qualité de Président de l’Assemblée nationale. On ne saurait dans ce cas conclure que monsieur BASSOLE a entretenu des intelligences avec une puissance étrangère en vue de l’engager à entreprendre des hostilités contre le Burkina Faso.

Où peut-on situer la base légale de cette accusation de trahison ? Nulle part !

Le chef de file de l’opposition politique, monsieur Zéphirin DIABRE qui s’illustre par son sens élevé du respect du droit n’a pas pu s’empêcher de s’immiscer dans le dossier judiciaire en cours du Général BASSOLE. Au regard certainement de l’injustice subit par BASSOLE, monsieur DIABRE affirme concernant l’allègement des charges que : « sur ce plan il est victime d’une injustice nourrit par des calculs politiques. Le MPP a peur qu’il soit dans la course en 2020 ».

Vous avez déjà étouffé notre espoir de vivre un changement profond de nos conditions socio-économiques. Alors s’il vous plaît ne trainez pas notre démocratie par terre au risque de susciter des tensions. Nous ne sommes pas dans un régime d’exception.

Libérez Djibrill BASSOLE, le prisonnier politique !!!

YOUGBARE Touwindé Marius

mariusyougbare@gmail.com

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